La Croix du Bénin | Actualité
Publié le : 2026-01-31 23:34:07PARLEMENT ET GOUVERNANCE LOCALE AU BÉNIN POUR LES 7 PROCHAINES ANNÉES
Total contrôle de l’Upr et du Br
Sous réserve des contentieux électoraux, les résultats des élections législatives et communales couplées du dimanche 11 janvier 2026 sont rendus publics par les instances compétentes, en l’occurrence, la Cour constitutionnelle et la Céna. Les résultats donnent une victoire totale aux deux partis de la mouvance présidentielle, conséquence logique du contexte et d’importants atouts.
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Alain SESSOU
60 députés pour le parti Union progressiste le renouveau (Upr), de Me Joseph Djogbénou, alors que le Bloc républicain (Br) du ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané s’en sort avec 49 élus nationaux, selon les résultats provisoires proclamés le 17 janvier 2026 par la Céna et confirmés quelques jours après par la Haute juridiction en matière constitutionnelle. 963 élus locaux pour l’Upr et 852 pour le Br, selon les résultats des élections communales proclamées par la Céna mardi 27 janvier dernier, et qui vont être confirmés sans doute quels que soient les éventuels recours devant la Cour suprême. En clair, les deux grandes formations politiques soutenant le chef de l’Etat prennent le contrôle total du pays, en attendant la présidentielle qui pourrait finalement n’être qu’une pure formalité. Pouvait-il en être autrement ? La réponse à cette interrogation est d’emblée non ! En vérité, deux raisons fondamentales expliquent cette victoire sans coup férir et sans partage.
La première raison est relative au contexte dans lequel se sont déroulés les deux scrutins. En effet, en soutenant près d’une dizaine d’années le président Patrice Talon en fin de mandat, l’Upr et le Br ont fini par gagner la confiance du Chef de l’Etat. D’ailleurs, en annonçant qu’il se retirait du pouvoir, il n’a jamais caché son admiration pour les deux formations. Mais à y voir de près, ces deux partis ont pris le contrôle de l’Assemblée nationale dès 2019. Sur le terrain, la gouvernance locale depuis plusieurs années est quasiment restée aux mains des élus de l’Union progressiste le renouveau et du Bloc républicain. Tout ceci leur a permis de maintenir leur proximité avec les populations tout en essayant quotidiennement d’asseoir leur hégémonie sur toute l’étendue du territoire national, (toutes proportions gardées).
Succès sans partage des deux partis
L’autre atout qui a favorisé le succès des deux partis, notamment l’Upr, est relatif aux moyens et c’est la deuxième raison de l’écrasante victoire des deux partis de la mouvance présidentielle. Ils disposent d’assez de moyens financiers et humains, en tout cas plus que toutes les autres formations politiques. Avec 53 députés dans le parlement sortant, et des dizaines de maires (au moins quarante), les caisses du parti de l’Upr sont renflouées par les cotisations et renforcées par celles des directeurs généraux et autres responsables d’agences d’Etat, militants ou sympatisants. Il en est de même des caisses du Br avec ces 28 députés dans le Parlement sortant, une trentaine de maires et autres militants nommés à de hauts postes de responsabilité d’Etat. Et on ne saurait occulter les subventions de l’Etat chiffrées à des centaines de millions de Fcfa, dont les plus grands bénéficiaires sont les deux formations politiques principales de la mouvance présidentielle, l’Upr en tête.
Autant de moyens qui, logiquement, ont permis aux partis de Joseph Djogbénou et d’Abdoulaye Bio Tchané de maintenir non seulement le contact avec leurs bases, mais aussi avec les populations. On en voudrait pour preuve les descentes régulières des leaders et hauts responsables des deux formations politiques sur le terrain, pour galvaniser leurs troupes. Action portée à son paroxysme en faveur de la précampagne électorale où ils ont sillonné monts et vallées, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, du Bénin pour préparer matériellement et psychologiquement les populations pour lesquelles les élections du 11 janvier dernier n’ont été qu’une simple formalité.
Une opposition éclopée
Au-delà de toutes ces considérations, les deux grandes formations soutenant le chef de l’Etat, ont eu, en face, une opposition éclopée. Le parti Les Démocrates qui se réclame de l’opposition radicale, a affronté les élections dans un état d’affaiblissement au point où son leader, Boni Yayi, a déposé les armes sans aucune apparition publique durant la campagne électorale. Il n’a pas non plus fait la moindre déclaration à l’endroit de ses militants dans le cadre du vote. L’autre parti dit de l’opposition modérée de Paul Hounkpè, Fcbé, est resté dans une position confuse qui dans les faits et déclarations, le rapprochent beaucoup plus du président de la République. Dans ces conditions, leurs électeurs n’auraient pas voulu se fourvoyer, en optant plutôt pour l’Upr et le Br. On comprend que les deux blocs de partis raflent la mise avec la totalité des 109 députés. Ensuite, ils ont raflé les 1815 sièges d’élus locaux. Ce qui fait que les 77 mairies seront dirigées par les partis de la mouvance à raison de 39 maires pour l’Upr et 38 pour le Br.
à y voir de près, la victoire de l’Union progressiste le renouveau et du Bloc républicain remonte à leur création avec la bénédiction du président de la République. Depuis lors, des balises sont posées jour après jour dans un environnement favorable pour les partis de la mouvance et piégé pour l’opposition. Du coup, et selon la nouvelle constitution en vigueur depuis l’année dernière, le pouvoir législatif et le pouvoir local sont solidement détenus par les deux partis pour les sept prochaines années.
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