ISSN 1840 - 8184 Justice, Vérité, Miséricorde HEBDOMADAIRE CATHOLIQUE NUMÉRO 1841 du 05 décembre 2025 N° 1221/MISP / DC / SG / DGAI / SCC
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Justice, Vérité, Miséricorde Journal 1841 du 05 décembre 2025

La Croix du Bénin | Actualité

Publié le : 2025-12-12 22:22:45

DIOCÈSE DE PORTO-NOVO

Banigbé fête son centenaire d’évangélisation

Voisin du doyenné de Tchaada dans le Département du Plateau, Banigbé a été un vaste territoire regroupant plusieurs Stations secondaires dont Takon, Gblogblo, Baodjo, Ita-Sumba, Ifangni, Igolo d’une part, et Daagbé, Kô-Dogba et Tchaada d’autre part. Ces Stations érigées aujourd’hui en paroisse partagent avec la paroisse-mère Saint André de Banigbé un siècle d’évangélisation.

Sous le regard du Père-curé Épiphane Okou, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, en train de bénir les bustes des Pères Henri Pichon et Lazare Joseph Shanu, deux pionniers de l'évangélisation de Banigbé. C'était le samedi 29 novembre 2025

Sous le regard du Père-curé Épiphane Okou, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, en train de bénir les bustes des Pères Henri Pichon et Lazare Joseph Shanu, deux pionniers de l'évangélisation de Banigbé. C'était le samedi 29 novembre 2025

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► Un siècle de mission continue

La paroisse Saint André de Banigbé, dans le diocèse de Porto-Novo, a célébré le samedi 29 novembre 2025 les 100 ans d’évangélisation de la localité. La messe a été présidée par Mgr Aristide Gonsallo, Ordinaire du lieu, en présence d’une trentaine de prêtres, de plusieurs religieuses et d’un millier de fidèles du Christ.

Un millier de fidèles est venu rendre grâce pour les 100 ans d'évangélisation de Banigbé

Un millier de fidèles est venu rendre grâce pour les 100 ans d'évangélisation de Banigbé

Florent HOUESSINON

Banigbé est perçu comme le terreau sur lequel a fleuri le catholicisme au sud-est du Bénin, aux frontières terrestres avec le Nigeria. « C’est grâce aux premiers pasteurs et aux catéchistes de Banigbé que nous avons reçu le message du Christ », témoigne un fidèle venu de Kô-Anagodo, une Station de la paroisse Saint Paul de Kô-Dogba, pour assister à la messe pontificale. Au début de l’eucharistie, le Père-curé Épiphane Okou rappelle l’historique des premiers missionnaires et les difficultés qu’ils ont rencontrées. « Malgré les ronces, la dureté du sol, les intempéries, le passage des oiseaux migrateurs et des marchands d’illusions, les difficultés de la vie et nos propres infidélités, la graine n’a pas perdu de sa substance vitale », déclare-t-il. Il exprime sa gratitude à ses prédécesseurs. De façon plus explicite, Mgr Aristide Gonsallo revient sur la figure de ces pionniers (cf. Homélie). Il va inaugurer à la fin de la messe les bustes de deux d’entre eux : les Pères Henri Pichon et Lazare Joseph Shanu. Le premier a administré le baptême à 16 personnes le 9 avril 1931 dans la première chapelle construite à Dangban. Le second a été le curé-fondateur de la paroisse Saint André de Banigbé érigée en 1959. Le premier acte fort de la messe de clôture de ce centenaire a été le baptême de 28 petits-enfants par Mgr Aristide Gonsallo. Il va aussi bénir le nouveau tabernacle de l’église et procéder au dévoilement du « Mur de Souvenir ». Tout au long de l’année jubilaire, la paroisse a organisé diverses activités, notamment la neuvaine en l’honneur de Saint André et de Notre-Dame du Mont Carmel dont la statue a été bénie le jeudi 27 novembre 2025, en même temps que la Croix centrale de l’église. La paroisse Saint André de Banigbé compte 14 curés successifs, 11 fils prêtres, 1 religieux et 7 religieuses.

► « Le cœur qui reste vigilant, par une prière continue, combat la somnolence spirituelle et psychique »

Au cours de la messe de clôture du centenaire d’évangélisation de Banigbé, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, a rappelé l’historique de l’évangélisation à Banigbé. Il a aussi insisté sur trois défis : le combat de la foi en Dieu, la prière et l’engagement en Église." Au cours de la messe de clôture du centenaire d’évangélisation de Banigbé, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, a rappelé l’historique de l’évangélisation à Banigbé. Il a aussi insisté sur trois défis : le combat de la foi en Dieu, la prière et l’engagement en Église.

Mgr Aristide Gonsallo

Mgr Aristide Gonsallo

(Homélie de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo)

1925-2025 ! Voici déjà un siècle que l’Évangile est entré dans cette terre bénie de Banigbé. En célébrant le centenaire de l’annonce de l’Évangile, la paroisse saint André de Banigbé rend hommage aux pionniers de la foi, aux missionnaires, aux prêtres, aux catéchistes et à tous les fidèles qui ont bâti et ont fait vivre cette communauté chrétienne. Nous avons une pieuse pensée pour tous ceux et celles qui ont déjà rejoint la Maison du Père. Qu’ils reposent en paix et que leurs œuvres les accompagnent ! Le jubilé est l’occasion de raviver l’engagement missionnaire et de transmettre aux générations futures la flamme vive de l’espérance chrétienne. Tout a commencé en 1925 par l’action d’un marchand protestant nigérian qui convertit plusieurs habitants à l’époque. Plus tard, la conversion de ce prédicateur au catholicisme créa une division. Ainsi, des fidèles vont rejoindre l’Église catholique, avec le soutien du Père Francis Aupiais alors curé de la Cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Porto-Novo. C’est ainsi que naquit progressivement une communauté catholique à Banigbé dont l’affermissement fut marqué par des étapes majeures : l’arrivée des catéchistes Épiphane Dochamou en 1925 et Jean Akinlola en 1928, la construction d’une chapelle à Dangban dans les années 1930, et la célébration des seize premiers baptêmes le 09 avril 1931 par le Père Henri Pichon, marquant ainsi le début officiel de la vie sacramentelle à Banigbé. En plus du Père Pichon, nous avons comme premiers missionnaires à Banigbé les Pères Alfred Collin, Georges Gros, Henri Barottin, Marcel Mahy et C. Troconiz, qui venaient tous de Sakété administrer les sacrements à Banigbé. Il faudra attendre l’année 1942 avec l’érection canonique de la paroisse de Sakété, pour bénéficier de la présence effective d’un prêtre à Banigbé. Le Père Georges Gros, alors premier curé de Sakété, avait un souci particulier pour Banigbé, dont l’évangélisation connaîtra un essor extraordinaire avec son érection en paroisse en 1959 par Monseigneur Noël Boucheix. Le premier curé, le Père Lazare Shanu, de vénérée mémoire, œuvra avec zèle à l’enracinement de la foi, parcourant de longues distances pour évangéliser et administrer les sacrements. Il célébra les premiers baptêmes à Banigbé le 7 septembre 1959. Le passage du Père Lazare Shanu a laissé une trace indélébile dans l’histoire de Banigbé. Dans l’ordre, voici les noms des prêtres qui ont succédé au Père Lazare Shanu, des origines à nos jours : Victor Badou, 2e curé (1965-1968) ; Pierre Zerringer, 3e curé (1968-1975) ; Michel Guichard, 4e curé (1976-1981) ; Claude Templé, 5e curé (1981-1986) ; Noël Hounton, 6e curé (1986-1994) ; Nicolas Hazoumè, 7e curé (1994-1996) ; Hippolyte Sagbo, 8e curé (1996-2001) ; Charlemagne Koudhorot, 9e curé (2000-2001) ; Adrien Koukpoliyi 10e curé ; Honoré Odounharo, 11e curé (2007-2010) ; Justin Ayivodji, 12e curé (2010-2015) ; Nestor Attomatoun, 13e curé (2015-2021) et l’actuel curé, le 14e en la personne du Père Épiphane Okou (2021-). Que chacun d’eux soit remercié et félicité pour avoir accompli la mission évangélisatrice avec foi et persévérance ! Tous ces pasteurs ont bénéficié du zèle des différents vice-présidents parmi lesquels nous avons : Moïse Agossou, Pascal Dohou, Barthélémy Akiyèmi, Louis Odouoyè, Antoine Godonou, Roger Okpeicha, Louis Tokpohozin, Bernadette Da-Zoundji et Bernadette Biokou. Aujourd’hui, notre paroisse compte sept communautés chrétiennes (Banigbé, Kitigbo, Banigbé-Gare, Banigbé Lokossa, Dooké, Hanzounmè et Hègô) et quatre centres de catéchisme (Sèdo, Latchè, Dotinkanmè et Adjohoun Kpakouta). Par ailleurs, grâce à la Caritas et au projet Laudato Si (ferme et école), la paroisse de Banigbé s’est imposée comme un acteur majeur de la cohésion sociale. La ferme Laudato Si, avec ses innovations, a le souci de la bonne santé des hommes en promouvant les productions animales et végétales bio. Loin de se limiter à une simple diffusion du message chrétien, l’évangélisation à Banigbé entre dans une dynamique d’amélioration des conditions de vie, de formation et d’épanouissement collectif pour que le message du Christ se répande davantage. Notons également que les religieuses de l’institut des Sœurs de Saint Augustin (Ssa), accueillies et installées à Banigbé le 6 décembre 1999 par Monseigneur Vincent Mensah, de lumineuse mémoire, ont aussi œuvré dans la consolidation de la Bonne Nouvelle à Banigbé. Aujourd’hui, les Sœurs de Marie de la Médaille Miraculeuse (Smmm) assurent un service hospitalier sur la station Saint Jean-Baptiste de Banigbé-Gare à la grande satisfaction des populations environnantes. Dieu soit loué pour les locaux flambant neufs que nous avons inauguré jeudi dernier seulement ! En guise de mémoire et de reconnaissance, nous bénissons le Seigneur pour tous ceux et celles qui, par le don total de leur vie, ont contribué à l’enracinement de l’Évangile sur cette paroisse. Mais, il ne suffit pas seulement de célébrer un jubilé. Comme pèlerins d’espérance, il nous faut surtout prendre des engagements pour le chemin à parcourir. C’est à la lumière des lectures et de l’historique de cette station que j’entends me livrer à cet exercice. Ainsi, pour bien vivre ce centenaire et nous projeter vers le prochain jubilé, le premier défi est celui du combat de la foi en Dieu seul. Dans la première lecture tirée du livre du prophète Daniel, il est question d’une lutte terrible entre des bêtes ayant cornes. La vie du chrétien est une vie de combat perpétuel contre toutes les forces hostiles au règne de Dieu. Même s’il nous semble que le mal a toujours raison sur nous, tenons constamment bon car la victoire finale revient toujours à Dieu qui détient notre destinée. Aujourd’hui, la peur des rêves, des visions, l’incertitude du lendemain nous mettent dans un état fébrile où il nous est difficile d’affirmer à fond notre appartenance au Christ. Avant nous, nos pères dans la foi qui ont apporté la foi sur cette terre bénie de Banigbé et les premiers chrétiens n’avaient pas toujours eu la vie facile. C’est leur endurance et leur espérance qui font que nous sommes ici maintenant, car comme le dit Tertullien, le sang des martyrs est une semence de chrétiens. Par conséquent, nous sommes appelés à tenir bon au temps des épreuves et des adversités. Nous devons affirmer notre foi et rendre compte de l’espérance qui nous habite malgré les vicissitudes de la vie. Nous devons dire non au syncrétisme religieux et à une vie chrétienne superficielle. Nous devons vivre notre foi de manière authentique afin d’être des témoins convaincus et convaincants pouvant attirer d’autres personnes à Jésus. La radicalité de la Parole de Dieu nous appelle à sortir du syncrétisme et de la peur sous toutes ses formes. Pour bien vivre ce centenaire et nous projeter vers le prochain jubilé, le deuxième défi est celui de la prière. Nous l’avons dit : La vie chrétienne est donc un véritable combat. Beaucoup d’événements peuvent nous détourner de Dieu. Parmi eux se trouvent en bonne place les soucis quotidiens de la vie. Il est très facile de trouver des arguments pour ne plus être régulier à l’église, pour ne plus s’engager, pour ne plus prier seul, en famille ou en communauté. Jésus ne nous dit pas que les soucis de la vie disparaîtront en un clin d’œil parce que nous sommes chrétiens, mais il nous invite plutôt à rester éveillés et à prier en tout temps. Oui, la prière nous maintient greffés sur le Christ. Le cœur qui reste vigilant, par une prière continue, combat la somnolence spirituelle et psychique. Il demeure debout. De même que nous fortifions nos corps par la nourriture, l’exercice physique et une bonne hygiène de vie, de même nous devons fortifier notre esprit par l’accueil de la force de Dieu qui nous rendra victorieux. Cette force de Dieu s’acquiert dans la communion avec lui à travers la prière, la lecture et la méditation des Saintes Écritures, la vie sacramentelle, autant d’armes à notre portée pour garder vivante et vivifiante la mémoire du Seigneur en nous. Par conséquent, nous ne devons pas déserter les assemblées de prière mais raviver l’ardeur de la prière en fréquentant régulièrement les sacrements de l’eucharistie et la réconciliation, en participant activement aux célébrations dominicales, aux veillées de prières, aux différentes séances de prières initiées par l’équipe sacerdotale paroissiale pour la sanctification du peuple de Dieu. Que notre communauté paroissiale soit davantage habitée par le goût de la prière et la fréquentation assidue des sacrements ! Pour bien vivre ce centenaire et nous projeter vers le prochain jubilé, le troisième défi est celui de l’Engagement en Église et témoignage chrétien. Gardons bien en mémoire le thème de notre centenaire d’évangélisation formulé ainsi : « Héritiers d’une longue tradition, marchons la main dans la main vers la maison du père pour rendre compte de l’espérance qui nous habite ». En cette année pastorale où nous sommes invités à agir pour une Église vivante et missionnaire dans la grâce de l’Esprit Saint, il nous faut prendre au sérieux l’appel qui nous est lancé pour raviver nos Communautés Écclésiales de Base en perte d’énergie et de motivation. La famille (Eglise domestique) et les CEB sont des cellules importantes qui feront vivre l’Église paroissiale. Que chaque fidèle, petit et grand, se sente concerné par la vie de l’Église paroissiale. Notre engagement au service de l’Église et notre témoignage chrétien nous appellent à vivre de l’espérance et à rester optimistes malgré toutes les situations que nous traversons. Nous ne devons pas fuir la paroisse à cause des effets néfastes de la sorcellerie ou des maladies bizarres dont on ignore les causes pour le moment. En évitant d’être des causes des malheurs qui s’abattent sur nos frères et sœurs, travaillons à nous soutenir mutuellement comme des frères et des sœurs. C’est l’occasion pour moi de saluer, de féliciter et d’encourager ceux et celles qui malgré leurs maigres ressources, soutiennent les activités de la paroisse. Nous confions ces trois défis à l’intercession de la Vierge Marie et de l’Apôtre Saint André, notre saint patron. Qu’ils intercèdent pour nous et obtiennent de nombreuses grâces pour tous les fidèles et leurs pasteurs ! Qu’ils nous aident au quotidien à relever ce triple défi! Qu’il en soit ainsi maintenant et pour toujours ! Amen."

► Relever le défi de la foi authentique

« La réussite de l’organisation fait le charme de notre jubilé d’eau »

Paul Alexandre Gbèmènou Vice-président aux Affaires économiques de la paroisse Saint André de Banigbé

Paul Alexandre Gbèmènou Vice-président aux Affaires économiques de la paroisse Saint André de Banigbé

(Propos recueillis par Michaël GOMÉ, Alain SESSOU & Florent HOUESSINON)

L’organisation de ce centenaire a été un travail de longue haleine. Plus le jour-j se raprochait, plus nous nous rendions compte que nous devions relever le défi de la bonne organisation. Nous avons commencé la préparation de ce jubilé depuis novembre 2024 avec la mise sur pied de différentes commissions et des rôles dévolus à chaque comité. Il y a eu des activités tout au long de l’année jubilaire : théâtre, jeux, tournoi de football, concerts des différentes chorales, etc. La réussite de l’organisation de ces activités fait le charme de notre jubilé d’eau. Il y a chaque année la célébration des sacrements à Banigbé. C’est la preuve que la communauté s’agrandit. Je voudrais inviter mes frères et sœurs à éviter le syncrétisme et à adorer Jésus dans sa plénitude. Nous ne devons pas être fatigués de nous investir pour l’évolution des chantiers de la paroisse." Il y a eu des activités tout au long de l’année jubilaire : théâtre, jeux, tournoi de football, concerts des différentes chorales, etc. La réussite de l’organisation de ces activités fait le charme de notre jubilé d’eau. Il y a chaque année la célébration des sacrements à Banigbé. C’est la preuve que la communauté s’agrandit. Je voudrais inviter mes frères et sœurs à éviter le syncrétisme et à adorer Jésus dans sa plénitude. Nous ne devons pas être fatigués de nous investir pour l’évolution des chantiers de la paroisse.

« Nous espérons achever le chantier de l’église l’année prochaine »

Antoine Godonou Vice-président du Conseil pastoral paroissial

Antoine Godonou Vice-président du Conseil pastoral paroissial

J’éprouve des sentiments de satisfaction à la fin de la célébration du centenaire d’évangélisation de Banigbé. Ce fut un événement inédit pour nous qui sommes sexagénaires et pour les enfants, voire les jeunes. Je voudrais exhorter les paroissiens et les fidèles des autres communautés chrétiennes à avoir la foi, à prier chaque jour afin que leur foi résiste à la tentation du Mal. Nous devons relever le double défi de la vocation sacerdotale et de la vie consacrée. Pour cela, nous menons des campagnes de sensibilisation de la communauté. La construction et la finition d’une église constituent un travail de tous les jours. Mais à travers les campagnes de mobilisation autour de la vente de charité, des collectes de fonds (Zindo), nous espérons achever le chantier de l’église l’année prochaine.

« Je souhaite que les jeunes soient de plus en plus présents sur la paroisse »

Père Épiphane Okou, Curé de la paroisse Saint André de Banigbé

Père Épiphane Okou, Curé de la paroisse Saint André de Banigbé

Pendant ces cent ans, le Seigneur a entretenu la graine. J’ai particulièrement eu la joie de faire trois séjours à Banigbé au cours de ce siècle d’évangélisation. J’ai été stagiaire canonique (1 an), vicaire (3 ans) avant de revenir en tant que curé et curé-doyen depuis 5 années. La foi a grandi et Banigbé qui regroupait trois paroisses en compte dix aujourd’hui. Cela veut dire que le nombre de fidèles s’accroît avec les exigences qui y sont liées. Les fidèles ont une foi ardente. Sauf le défi du syncrétisme qui reste à relever. Ils essaient, malgré les ressources limitées, de répondre aux sollicitations de l’évangélisation. Le défi qui m’attend en tant que pasteur est de poursuivre la construction de l’église paroissiale et d’œuvrer pour que l’une de nos Stations secondaires soit érigée en paroisse. Elle portera à 11 le nombre de paroisses du Doyenné de Banigbé. J’ai aussi comme défi d’aider les fidèles à construire leur vie sur le Christ. Je souhaite que les jeunes soient de plus en plus présents sur la paroisse pour m’aider dans la charge pastorale. Mon vœu pour les fidèles, c’est qu’ils vivent dans la joie et l’espérance d’un avenir meilleur. C’est pourquoi nous avons placé ce jubilé sous le thème : « Héritiers d’une longue tradition, marchons la main dans la main vers la maison du Père pour rendre compte de l’espérance qui nous habite ».

« Je suis reconnaissant à cette communauté qui m’a façonné »

Père Éric Oloudé Okpèïtcha, Prêtre natif de Banigbé

Père Éric Oloudé Okpèïtcha, Prêtre natif de Banigbé

J’ai été baptisé ici ; j’ai reçu le sacrement de la Confirmation ici. J’ai été enfant de chœur ici et j’ai célébré ma messe de prémices en ces mêmes lieux. C’est alors une grande joie et une fierté de venir participer à la messe du centenaire de l’évangélisation. Banigbé est une localité multiculturelle et bilingue dès son essence. Quand j’étais enfant de chœur, les prêtres alternaient les messes dominicales en Goun et en Yoruba. Tous les fidèles étaient censés maîtriser les deux langues. C’est ici que j’ai appris à prêcher en Goun et en Yoruba. De tout cela, je suis reconnaissant à cette communauté chrétienne qui m’a façonné et m’a envoyé comme prêtre missionnaire ailleurs. Tous les prêtres fils de cette paroisse ont beaucoup reçu de la communauté locale. Je souhaite qu’au lendemain de cette fête, la communauté chrétienne s’enracine effectivement dans la foi. C’est une communauté qui a donné naissance à beaucoup de paroisses. Le nombre réduit de fidèles peut travailler à devenir une communauté dynamique et missionnaire afin que la Parole de Dieu continue de s’enraciner dans les cœurs et dans les maisons. Cette communauté est encerclée par les églises évangéliques du fait de sa proximité d’avec le Nigeria. Mais il faut que les chrétiens catholiques continuent à témoigner de leur foi. Le défi reste la vocation à la vie religieuse. Nous avons encore des fils prêtres qui continuent d’être ordonnés. C’est du côté des filles qu’il y a un travail à faire pour qu’elles comprennent le bien-fondé de la vie donnée au Seigneur."

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