La Croix du Bénin | Actualité
Publié le : 2026-02-27 12:41:332e dimanche du carême-A
Le chemin du croyant
Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE
La vie de la foi nous met en lien avec le
Tout-Puissant. L’homme, naturellement quand il entre en relation avec Dieu,
c’est pour espérer plus de stabilité, de sécurité et de joie. Le chemin
d’Abraham, le père des croyants, nous apprendra que le Dieu de notre foi, nous
dépayse, nous déporte, nous fait quitter nos lieux de sécurité, nos idoles. Ce
saut dans le vide pour une aventure qui, a priori ne laisse encore rien
de concret à l’horizon, est un acte de foi par lequel on prend Dieu au
mot : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers
le pays que je te montrerai… ». Cela peut se traduire dans la version
originelle par : «
Toi, va pour ton bien et ton bonheur ». Suivre Dieu, c’est accepter d’entreprendre
une aventure qui comporte des ruptures sans lesquelles, on ne peut jouir de la
liberté qu’il faut à l’homme pour s’immerger sans réserve en Dieu, source de
son bonheur. Et ce n’est qu’en se libérant de toutes les amarres que l’appel
reçu de Dieu se découvre comme une mission porteuse de bénédiction pour soi et
pour les autres : « Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je
rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction ».
Appelé à la révélation de la gloire de Dieu
La
mission première de celui que Dieu a appelé, c’est de s’engager à fond pour
faire resplendir la gloire de Dieu. La vie du serviteur de Dieu peut se
comparer ainsi à une cire qui se consume en éclairant. Dans ce sens, Saint Paul
exhorte Timothée à prendre sa part des souffrances liées à l’annonce de
l’Évangile grâce à laquelle la mort est détruite pour laisser briller la vie et
l’immortalité. Jésus, pour être source de salut
et de résurrection pour l’humanité, a d’abord traversé le chemin de la
souffrance et de la mort. Ce
chemin reste encore aujourd’hui inacceptable et scandaleux pour les disciples
de Jésus qui pensent à leur bonne vie et à leur commodité à la suite du Christ.
Le Seigneur était bien conscient que ses apôtres avaient du Messie, une
conception triomphaliste et politique. Il savait que devant l’évidence d’un
Messie souffrant, malmené et persécuté, qui finira sa mission par une mort
ignominieuse entre deux bandits, ses disciples seront déboussolés. Il convient
que ceux qui porteront l’annonce de l’Évangile au monde entier, se réajustent à
la même vue des choses que le Seigneur. C’est pour les préparer à comprendre
que le chemin du Messie doit nécessairement passer par la passion, la mort et
la résurrection glorieuse qu’il fut transfiguré sous les yeux de Pierre, Jean,
Jacques qui devront affronter de plus près sa « défiguration » à Gethsémani.
Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la
lumière. La résurrection est anticipée tandis que Moïse et Élie, les deux
grandes figures de la Loi et des Prophètes étaient là pour attester devant eux,
que Jésus est vraiment le Messie, celui que la Loi et les prophètes avaient
annoncé. Nous avons ici la continuité des deux alliances. La nuée qui
manifestait la présence de Dieu laisse entendre la voix du Père, celle même qui
avait parlé lors du baptême pour témoigner que Jésus est son Fils bien-aimé, le
seul que les hommes doivent écouter. Pierre était si bercé dans une euphorie de
bonheur qu’il se proposa de dresser trois tentes sur la montagne, probable
allusion à la fête des tentes qui célèbre la marche dans le désert. Ainsi sur
les lèvres de Pierre qui rabrouait Jésus pour pouvoir le préserver de
l’humiliation de la croix (Mt 16,22), l’Esprit parle maintenant en témoignant à
travers l’allusion à cette fête, que c’est dans la précarité que se révèle le
Dieu d’Israël.
Dans ma vie
En suivant Jésus, suis-je prêt à accepter la souffrance en attendant la
gloire ?
À méditer
C’est dans la précarité que se révèle le Dieu
d’Israël.
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