Le Très Saint Sacrement

St-Sacrement
Aujourd’hui, nous fêtons la solennité du Très Saint Sacrement. Le Saint Sacrement résonne dans nos esprits comme la voix silencieuse d’une vie entièrement donnée en nourriture et livrée en adoration pour nous. Derrière ce bout de pain rond, l’imagination veut rejoindre le cœur de Dieu qui bat sans cesse pour l’homme. Elle veut rejoindre aussi le sacrifice de Dieu qui se donne par amour pour les hommes. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). Par le don de sa vie à l’homme dans l’Eucharistie, Jésus veut le nourrir et le faire vivre de la Vie de Dieu. Car l’on ne devient que ce que l’on mange. Depuis l’aurore de la création, Dieu a disposé que l’ « homme ne mangera son pain qu’à la sueur de son front. » (Gn 3, 19). Il a aussi enjoint à l’homme « de soumettre la terre » (Gn 1, 28). Le pain qui nourrit l’homme est ainsi le fruit de la terre que l’homme a soumise par son travail, le fruit du sacrifice de l’homme que Dieu a fécondé par la pluie qui est une bénédiction d’En-Haut. Si Dieu nous a créés sans nous, il ne peut nous sauver qu’avec notre collaboration. Le pain est le lieu d’expression, par excellence, de l’alliance entre le ciel et la terre. Le pain quotidien mérite que l’on rende grâce à Dieu, car il est le fruit de la terre et du travail de l’homme qui est arrosé de la pluie venant de Dieu. C’est ainsi que Celui-ci bénit le sacrifice de l’homme afin de le nourrir et le faire vivre. L’action de grâce éclate, comme on le note dans le Ps 64 : « Tu bénis la terre, Seigneur, tu bénis ses semences…tu prépares la terre ; tu arroses les sillons…Tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles ». Dans le passé biblique, nos pères, au cours de leur marche à travers le désert, ont connu la faim et la soif. C’est ainsi qu’ils ont pu toucher du doigt que la manne qui descend du ciel et l’eau qui coule du rocher sont une grâce qui vient de Dieu seul, et qui ne rejoint l’homme que quand il a vraiment faim et soif. Aujourd’hui, c’est Jésus préfiguré par ces réalités, qui s’offre comme le Pain vivant descendu du ciel. Seul l’homme qui a vraiment faim et soif de lui, peut le recevoir comme une grâce. Cet homme entre en communion profonde avec lui et porte en lui-même dès à présent, la vie éternelle, comme l’exprime le Seigneur Lui-même : « Ce pain que je donnerai, c’est ma chair livrée pour la vie du monde ».
Le don de soi : ceci est mon Corps, ceci est mon Sang
Saint Paul rappelle la forte communion qui nous cimente à Jésus quand nous communions, et qui nous cimente entre nous qui communions au même pain : « Le calice de bénédiction que nous bénissons, n’est-ce pas une communion au Sang du Seigneur ? et le pain que nous partageons, n’est-ce pas une communion au corps du Christ ? Nous sommes plusieurs mais nous devenons un seul corps, car il n’y a qu’un seul pain et tous nous participons du même pain ». Le pain et le vin consacrés deviennent sous nos yeux, le mémorial permanent de sa passion, mort et résurrection. Perpétuer le souvenir d’un si grand don, c’est être reconnaissant et demeurer pour toujours dans l’élan de l’action de grâce, de façon à faire de notre vie ce sacrement qui nous donne la Vie. Désormais, l’homme nourri du corps et du sang de Jésus ne peut que de sa vie, nourrir aussi les autres de sa vie de charité en se consumant à leur service, et en vivant en pleine communion avec eux.
Dans ma vie
Ressembler à celui que je contemple à l’autel me préoccupe-t-il ?
À méditer
L’on ne devient que ce qu’on mange.
(Dt 8, 2-3, 14b-16a ; 1Co 10, 16-17 ; Jn 6, 51-58 )





