La Parole de Dieu

Père Antoine Tidjani
La liturgie de ce dimanche aborde une grande thématique, celle de la Parole de Dieu. La première lecture tirée du livre d’Isaïe (Is 55, 10-11) la présente dans toute sa fécondité. Elle a été comparée à la pluie et à la neige qui abreuvent la terre pour faire germer la semence. La Parole de Dieu une fois libérée produit des fruits. Dieu l’a dit par le prophète Isaïe : « Ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission » (Is 55, 11). Des psaumes chantent de la même manière le caractère efficient de la Parole de Dieu. « Il parla et ce qu’il dit exista ; il commanda et ce qu’il dit survint. » (Ps 32, 9). En chantant les bienfaits de la visite du Seigneur, le Ps 65 (64) annonce les bienfaits et la fécondité que produira la Parole de Dieu qui en Jésus-Christ, viendra demeurer au milieu des hommes : « Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesse… sur ton passage, ruisselle l’abondance … Tout exulte et chante ! ». Si la Parole de Dieu en soi est féconde, comment expliquer son échec dans nos vies ? Le tout dépend de comment chacun reçoit cette Parole.
Les différents terrains d’accueil de la Parole de Dieu
Jésus touche le point sensible de notre vie chrétienne aujourd’hui. S’il nous appelle à le suivre, c’est pour que nous puissions porter des fruits en accueillant généreusement sa Parole. Il décrit le terrain que chacun de nous offre à sa Parole dans son cœur. Un terrain au bord du chemin : Ce sont ceux qui ont l’esprit ailleurs quand ils lisent les Écritures ou quand les textes sacrés sont proclamés et expliqués ; pensant à leurs affaires, ils ne comprennent rien de la Parole. Une telle vie devient aride et se prive des armes de résistance contre Satan qui s’empare de ce qui est semé dans son cœur. Un terrain pierreux : ce sont des chrétiens sans racines profondes. Ils écoutent joyeusement la Parole mais ne l’approfondissent pas par la méditation. Ils lâchent prise à la première épreuve, semblables « à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement » (Lc 6, 49). De tels chrétiens du jour au lendemain se retrouvent chez les charlatans et les vendeurs d’illusion là où un homme de foi affronterait serein ses problèmes. Un terrain plein de ronces : Ce sont ceux dont la vie est alourdie par des soucis charnels et les autres formes de séduction qui, très tôt, prennent le dessus et étouffent la Parole reçue. Celle-ci est comme un élément gênant pour leur bien-être et ils s’en débarrassent rapidement pour ne pas passer par la porte étroite qu’elle leur impose. Enfin, les chrétiens qui offrent une bonne terre à la Parole de Dieu sont ceux qui ont pris la Parole comme « la lumière de leurs pas, la lampe de leur route » (119 [118],105). Ils lisent la Parole, la méditent, s’en servent pour prier. Ils sont « semblables à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue…sans pouvoir l’ébranler » (Lc 6, 48). En ce monde de grande communication, on ne peut s’offrir comme un terrain livré à toutes les semences. Il faut puiser sa ressource dans les écrits sacrés. Toute Écriture, comme le dit Saint Paul, « est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Tm 3, 16-17).
Dans ma vie
L’Écriture étant inspirée de Dieu on ne peut parvenir à une connaissance vraie et authentique de Dieu, de sa volonté et de son plan à l’égard de l’homme et de l’univers qu’en se référant constamment à elle.
À méditer
« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements.» (Jc 1, 22).




