La mission pour Israël et pour tous

Père Antoine TIDJANI
Dieu est missionnaire. Israël se croirait l’unique privilégié en pensant qu’il était le seul destinataire de la mission divine, et en déchaînant une campagne de détraction sans merci contre toutes les autres nations. Mais en réalité, Dieu l’a privilégié pour pouvoir l’envoyer en mission auprès des autres peuples. Le devoir d’Israël pour se mettre à la hauteur de cette mission, c’est d’être exemplaire en écoutant la voix de Dieu et en gardant son Alliance. Même si les Paroles de prédilection que Dieu adresse à Israël sont claires : « Vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples », il ne faut pas minimiser l’importance sémantique du segment de phrase qui souligne l’universalité du cœur de Dieu : « Toute la terre m’appartient ». Cela sous-entend que toutes les âmes répandues sur toute la surface de la terre lui sont également chères, et qu’il a aussi à leur montrer de la compassion.
La compassion de Dieu, source de la mission
En aval de toute mission, c’est le salut des âmes qui est visé. Il faut que tous les hommes connaissent Dieu et aient part à sa vie. Les catéchistes, les prêtres, les consacrés, en somme les agents pastoraux en général, portent-ils vraiment ce souci comme une préoccupation viscérale ? Dieu, dans sa miséricorde, a voulu que tous les hommes se réconcilient avec Lui. C’est pourquoi son Fils fait homme devenu le nouvel Adam, pour corriger la désobéissance du premier Adam qui nous a mis en disgrâce vis-à-vis de Dieu, s’est fait obéissant jusqu’à mourir. Ainsi, le Fils de Dieu fait homme répare vis-à-vis de Dieu, le péché que l’homme a commis envers Dieu. En Jésus-Christ, par la mort sur la croix, l’homme et Dieu se réconcilient. L’homme peut désormais avoir part à la vie de Dieu par le baptême reçu en son Nom et par la conversion. La mission, de ce point de vue, est une œuvre immense ; c’est l’œuvre la plus importante qui soit au monde. L’annonce de la Bonne Nouvelle du salut, sous la puissance de l’Esprit Saint, se manifeste comme une flamme qui embrase le monde, à commencer par Israël, jusqu’aux confins de la terre. Le choix des Douze fait honneur aux douze tribus d’Israël. Mais le nouvel Israël dont Jésus est le chef, ne se réduit pas à elles. Il s’étend jusqu’aux nations de la terre. C’est pourquoi, tout en constatant l’abondance de la moisson, lorsqu’il envoie les Douze en mission, il marque d’abord une première étape par une injonction qu’on pourrait mal comprendre si on ne lisait pas Matthieu jusqu’à la fin : «Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes, et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues d’Israël». Les mêmes Douze qui, à la fin de l’évangile, ne seront plus que onze, seront envoyés par Jésus dans toutes les nations (Mt 28,19). Le début du livre des Actes des apôtres évoque une progression géographique dans cet envoi : «Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).
Dans ma vie
Toute l’humanité doit être sauvée et à la fin de son pèlerinage terrestre, parvenir à la béatitude éternelle. Toute ma vie en tant que baptisé œuvre-t-elle ardemment dans ce sens ?
À méditer
« … vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte » (Ex 19, 6).
(Ex 19, 2-6a ; Rm 5, 6-11 ; Mt 9, 36-10, 8 )





