Le renouvellement de tout par le souffle de l’Esprit

Père Antoine TIDJANI
Aujourd’hui, c’est la Pentecôte. Le ǥrand souffle de Dieu embrase la terre pour en faire une création nouvelle. En interrogeant le livre de la Genèse, nous nous rendons à l’évidence qu’à la création, Dieu a soufflé sur Adam pour lui transmettre la vie (Gn 2, 7 ). L’Esprit de Jésus transmet la vie nouvelle à la création entière le jour de la Pentecôte.
La vie nouvelle que donne l’Esprit
Saint Paul aborde dans l’épître aux Corinthiens la thématique de la diversité des dons qui s’exercent dans l’unique et même Corps du Christ: l’Éǥlise. Celle-ci est née le jour de la Pentecôte. C’est en elle que tous les hommes sont convoqués pour être envoyés au monde, remplis des dons de l’Esprit en tant que témoins de la nouvelle création qui a son oriǥine dans le Christ, nouvel Adam. C’est par le baptême qu’on devient membre de ce corps. L’appartenance à la communauté ecclésiale n’octroie pas le droit de faire valoir les nombreux dons qu’on a reçus de l’Esprit aux fins d’écraser les autres du même corps ecclésial, ou de les reǥarder de haut comme des gens inutiles. Elle n’octroie pas non plus le droit de se recommander avec ostentation comme l’unique personne capable dont les talents ou les dons reçus doivent exclure ceux des autres de même nature, ou de nature plus recherchée au point de les empêcher de s’exercer librement. Depuis que Jean et Jacques, apôtres du Seigneur, supplantant les dix autres fulminant de colère, ont fait intervenir leur mère en vue de briǥuer des postes de choix aux côtés du Seigneur (Mt 20, 20-21), on ne s’étonne plus que même encore aujourd’hui, le projet de tout disciple non converti, soit de profiter de son statut pour faire carrière, ou se faire une promotion sociale aux dépens des autres. Malheureusement, on ne s’inscrit pas dans les vues de l’Esprit toutes les fois que l’on étouffe les dons reçus par l’autre, par peur de nous voir mis à son ombrage. La peur de voir le frère apporter un souffle nouveau ou de le voir réussir dans le champ de la mission, est la preuve que l’on amasse pour la chair et non pour l’Esprit. Ici, la célébration de l’orgueil personnel trouve son centre d’intérêt et chacun parle sa langue propre, la langue du profit personnel.qui attaque le frère, le cisaille et le met à nu. L’Éǥlise en tant que création nouvelle, doit offrir par son fonctionnement le modèle aux sociétés de la terre. Celui qui a reçu un seul don de l’Esprit vaut celui qui en a reçu plusieurs, pourvu que l’un ou l’autre fasse le bien avec le don reçu. Comme le dit Saint Paul, « chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous » (1Co 12, 7). Le pôle qui doit focaliser l’attention, ce n’est pas celui qui a reçu le don ; c’est plutôt la Source des dons: l’Esprit. L’ardent désir de manifester l’Esprit à tous, en faisant le plus de bien possible, doit être l’attitude de chaque fils de l’Éǥlise. Désaltérés par l’unique Esprit et animés par ses dons, les fils de l’Église doivent se retrouver au même point, malgré la diversité de leurs dons: porter le témoignage du Christ à tout le monde. C’est là la recommandation que Jésus a faite à ses apôtres quand il leur promettait l’Esprit Saint avant de monter auprès du Père: « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Cette promesse a été effective le jour de la Pentecôte. À la confusion du langage qui met en échec le projet orgueilleux de la tour de Babel afin que les hommes n’entendent plus la langue les uns des autres (Gn 11, 1-9), font place des langues de feu que tout le monde comprend dans sa langue maternelle (Ac 2, 1-11). La vie nouvelle apportée par l’Esprit, nous porte à travailler pour l’unité des peuples malgré leur diversité et à annoncer Jésus-Christ à tous les peuples de la terre. Mais il ne s’agit pas seulement d’une doctrine et d’un enseignement que l’Esprit reçu nous porte à répandre. Cet Esprit que Jésus a soufflé sur les disciples (Jn 20, 19-23) remet les péchés et purifie de toute faute. Nous voici à la réalisation de la création nouvelle annoncée par Ézéchiel lorsqu’il utilise la métaphore de l’eau pour désigner la puissance purificatrice de l’Esprit : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles…je mettrai mon esprit en vous » (éz 36, 25.27).
Dans ma vie
Comment je conçois ma mission dans l’Église ? Comme un serviteur quelconque qui passe en faisant le bien ou comme un carriériste ? Comment je me regarde par rapport aux autres ?
À méditer
Les nombreux dons reçus de l’Esprit ne sont pas pour écraser les autres du même corps ecclésial, ni de les reǥarder de haut comme des gens inutiles…
(Ac 2, 1-11 ; 1 Co 12, 3b-7.12-13 ; Jn 20, 19-23)




