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25e dimanche du temps ordinaire-A

L’urgence de travailler pour le Royaume des cieux

Par Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE18 septembre 202652 vuesJournal N° 1881
L’urgence de travailler pour le Royaume des cieux

Père Antoine TIDJANI

Ce dimanche, la thématique centrale porte sur le Royaume des cieux. Il est un don. Il faut le chercher certes en renonçant au mal ; en abandonnant le chemin de la méchanceté. Isaïe présente le visage de Dieu : il est un Dieu de pitié, riche en pardon. Il nous surprend par sa capacité de faire grâce aux pécheurs qui dépasse l’imagination humaine. Qui peut apprécier la distance qui sépare le ciel et la terre ? et pourtant, cette image nous est donnée par le prophète Isaïe pour nous faire comprendre jusqu’à quel point la grâce de Dieu peut étonnamment sauver un pécheur repenti. Cela nous rassure grandement. « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres ».  Cette déclaration suffit pour faire tomber l’homme de la haute montagne d’illusions qu’il se construit en se faisant du Royaume des cieux, une image personnelle. Il y a des tirs à corriger dans nos schèmes de pensée. Si en prétextant de la miséricorde de Dieu, l’homme pense gagner le ciel tout bonnement sans aucun effort personnel comme quelqu’un qui y a droit, il passe outre les pensées de Dieu. Celui-ci offre la miséricorde pour lui donner le temps nécessaire de travailler à son salut, et aussi pour l’encourager à sortir de son péché. Si quelqu’un pense qu’il est trop pécheur pour trouver grâce aux yeux de Dieu, ou au contraire, s’il prétexte d’un mérite personnel qui l’élève au-dessus des autres qu’il regarde comme des pécheurs qui ne trouveront jamais grâce auprès de Dieu, il n’est pas dans les vues de Dieu. Car « là où le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20) et Saint Paul dans l’épître aux Éphésiens nous rappelle que « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités : avec lui, il nous fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. Maintenant en Jésus-Christ vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ » (éph 2, 4-6.13). Saint Paul propose dans la deuxième lecture une attitude d’abandon et de confiance en Dieu. Tendu de tout son être vers Dieu, la mort ne l’effraie guère. Si cela advient, ce serait pour lui une occasion pour retrouver celui qu’il a toujours aimé et désiré. La mort devient alors un gain pour lui. Mais s’il reste plus longtemps sur terre, il a encore le temps de dépenser sa vie au profit du salut des âmes. Sa vie est un gain pour les hommes. La logique de son raisonnement est d’une grande densité spirituelle et nous indique comment le chrétien doit vivre : « Soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps » (Ph 1, 20c). Autrement dit, notre vie comme notre mort doit rendre gloire au Christ.

 

Travailler sans relâche pour préparer le Royaume de Dieu

Dieu nous attend dans son champ ; disons dans sa vigne, image biblique du Royaume des cieux. Cette vigne, c’est d’abord le champ d’apostolat qu’est le monde présent où nous sommes engagés à travailler pour révéler à tous, qu’il est Amour. Le Royaume des cieux se prépare dès ici-bas. Le Maître de la vigne ne veut laisser personne oisif. Dès le jour de notre baptême, il nous a embauchés dans son champ. Certains, très tôt et de bonne heure dès leur tendre enfance ; d’autres, dans l’adolescence ou au milieu de l’âge, et d’autres encore vers la fin de leur existence après avoir tant erré pour n’avoir pas rencontré tôt Celui qui garde de l’erreur et de l’errance. L’homme dans son calcul, raisonne sur le temps passé dans le champ de Dieu. Il veut faire peser dans la balance de Dieu des années de travail, et il attend une récompense correspondante, et il méprise ceux qui se sont convertis tardivement. L’une des plus grandes découvertes qui fascine au fur et à mesure que l’on progresse dans l’intimité avec le Christ, c’est de savoir qu’avec Dieu, tout est grâce. Son unité de mesure, c’est la miséricorde dont il use en faveur de tout le monde comme il veut et quand il veut. L’homme en permanence concentré sur lui-même et s’estimant toujours au-dessus des autres, se trouvera souvent désemparé devant les décisions de Dieu. Saint Paul s’en émerveille : « Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité! Amen.» (Rm 11, 33-36).

 

Dans ma vie

S’il t’arrive de t’estimer au-dessus des autres et de penser que si quelqu’un mérite d’être comblé plus que tous, c’est toi, sache que c’est un sentiment purement humain. Dieu n’en tiendra jamais compte pour accorder des grâces à ceux que tu regardes comme des moins que rien.

 

À méditer

« Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! Amen.» (Rm 11, 33-36).

 

(Is 55, 6-9 ; Ph 1, 20c-24.27a ; Mt 20, 1-16a)

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