Le Fils de l’homme, qui est-il ?

Père Antoine TIDJANI
Jésus poursuit sa marche toujours dans les environs de Tyr et Sidon. Il est venu dans la région de Césarée de Philippe. Nous sommes là sur la côte libanaise au pied du mont Hermon. Les sources du Jourdain n’étaient pas loin. C’est là dans ce site enchanteur de fraîcheur et de chants d’oiseaux, au milieu des ruissellements, qu’Hérode Philippe II avait fait construire sa ville de villégiature vers l’an II avant Jésus-Christ. C’était pour honorer le maître de l’Empire romain qu’il avait donné à cette ville toute neuve le nom de César. Dans cet endroit bien calme, loin des foules agitées, Jésus sonde le fond des cœurs. Qui est-il pour ses disciples ? Que disent les autres de lui à la connaissance des disciples ? La question de l’identité de Jésus est fondamentale pour une vie de foi authentique et pour une relation d’intimité sincère avec le Christ. Le dimanche passé, l’attitude d’une païenne, la femme syro-phénicienne, atteste qu’elle voyait en Jésus un être qui n’est pas un simple homme mais quelqu’un qui est capable de sauver sa fille ; quelqu’un qui mérite supplication et adoration. C’est pourquoi sa prière était insistante jusqu’à la prosternation. Ses réponses engagaient un dialogue humble plein d’espérance que rien n’assombrissait. On ne peut cheminer avec Jésus comme disciple que lorsqu’a priori, l’on sait que celui qui s’est présenté dans sa faiblesse comme Fils de l’homme et l’un de nous, est bel et bien le Messie, le Fils de Dieu, Celui qui comme le dit la première lecture, a sur son épaule la clef de la maison de David. Si Jésus est un don du Père pour l’humanité, la richesse de sa personne, la sagesse et la science de Dieu qu’il nous apporte restent une profondeur à laquelle seule la grâce peut nous faire accéder. Saint Paul s’exclame devant les mystères divins dans la deuxième lecture en ces termes : Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! C’est donc normal que Jésus sonde les opinions des disciples au sujet de sa propre identité qui n’est pas évidente à tout homme, surtout s’il vit dans la chair.
Jésus, un prophète comme tous les autres ou le Messie, Fils de Dieu ?
Toute la problématique d’une vie d’engagement à la suite du Christ se pose là. Les foules qui suivent le Seigneur sont nombreuses. On en dénombre parmi elles, les froids, les chauds, les tièdes. Le tout dépend de comment chacun a pris conscience du vrai contenu de l’identité de Jésus. Décidément ! Les hommes n’ont pas changé depuis le temps de Jésus où tant de vrais ou faux maîtres, vendeurs d’illusions, se partagent les cœurs de la foule crédule, toujours prête à suivre le premier venu faiseur de miracles ou expert bien exercé dans l’art oratoire. À quoi peut-on reconnaître le vrai Maître du faux quand tous revendiquent ce titre ? Les disciples au temps de Jésus comme en notre temps, sont confrontés au même problème. Mais Jésus tenant toujours à avoir des disciples pleinement engagés qui sachent vraiment derrière qui ils se sont engagés, nous pose la question essentielle : qui suis-je pour vous ? Si Jésus est une abstraction pour un disciple, c’est ce Jésus qu’il présentera aux autres. Il ira dans tous les sens à la recherche de tous les maîtres qui s’offrent sur son chemin parce qu’il ne croit pas que Jésus soit le Fils de Dieu. C’est le mal de tant de chrétiens syncrétistes qui ne trouvent pas d’assises solides dans la religion chrétienne. Le Christ ne peut fonder son Église sur de tels disciples. Pierre est celui qui a reçu de la part de Dieu l’illumination intérieure qui lui révéla que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. Ses paroles ont été inspirées par la foi ; cette foi solide sans laquelle on ne peut rien obtenir de Dieu. Proclamer une telle foi, c’est affirmer que Jésus est le seul Sauveur du monde. Jésus tombe encore aujourd’hui dans l’admiration et il ouvre les vannes de la générosité de son coeur. Il remet dans les mains d’un faible homme les pouvoirs divins pour l’œuvre universelle de salut. Il fait de Pierre le Rocher sur lequel son Église sera fondée, et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. Jésus a confié à son Église tous les moyens du salut qui communiquent la Vie et triomphent de la mort. Quiconque croit comme Pierre que Jésus est le Messie, Fils de Dieu, marche sereinement à la suite du Christ, et plus rien ne lui fait peur.
Dans ma vie
Suis-je parmi ceux qui fréquentent l’Église sans un engagement réel à la suite du Christ cru et professé comme Messie et Fils de Dieu ?
À méditer
«…Sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » (Mt 16, 18).
(Is 22, 19-23 ; Rm 11, 33-36 ; Mt 16, 13-20 )





