Pierre, roc pour l’Église, obstacle pour le Christ !

Père Antoine TIDJANI
Le dimanche passé, Pierre a brillamment fait une déclaration sur l’identité de Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Cette déclaration est une vive et solide profession de foi en la Divinité du Christ. Une telle profession est le signe évident d’une élection particulière de la part du Père à l’égard de Pierre. Jésus rend publique cette élection qui fait de lui le premier des apôtres, le roc sur lequel il fonde son Église contre laquelle ne prévaudront ni les portes de l’enfer, ni la mort. Pierre ainsi investi se voit remettre par le Christ les clés du Royaume des cieux : Tout ce qu’il aura lié sur la terre sera lié dans les cieux. Tout ce qu’il aura délié sur la terre sera délié dans les cieux. Jésus a ainsi révélé à Pierre la portée de sa profession de foi pour son ministère d’apôtre et pour l’Église universelle. Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus tire au grand jour ce que signifie pour lui l’affirmation de Pierre sur son identité de Messie. Il n’est pas venu en prenant l'allure d'un triomphateur comme le pensait Pierre qui, à l'image de chacun d'entre nous parfois, se représente Jésus en tant que Messie qui vient nous garantir une vie sécurisée à l'abri de la maladie, de la souffrance et de toute humiliation. Il s’agit au contraire, de prendre courageusement la route de Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter » (Mt 16, 21). Dans ce sens, marcher derrière Jésus, c’est renoncer à soi-même, prendre sa croix et le suivre. « Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera ».
Le renoncement à soi pour suivre Dieu
L’évidence du message que nous communiquent les textes du jour, nous pose le renoncement et la croix dont nous avons horreur, comme un passage obligé pour tous ceux qui sont au service de Dieu avec la sincérité de leur cœur, et suivant une vie droite. Jérémie était constamment en butte à la raillerie. Tout le monde se moque de lui parce qu’il doit proclamer avec courage la Parole qui dénonce le mal, remue et secoue la vie des gens. Le monde depuis l’Ancien Testament jusqu’à nos jours, est demeuré inchangé. L’homme qui sert Dieu en essayant de mener une vie en adéquation avec l’idéal que la foi propose, devient gênant pour ses semblables. Pour pouvoir vivre en paix, le monde trouve le moyen de réduire celui qui constitue une pierre d’achoppement pour lui. Le quotidien de la vie nous fait voir comment les vrais hommes de Dieu ont toujours été houspillés par les impies et tournés en dérision par eux. Mais est-ce à dire qu’ils doivent chercher la tranquillité en se compromettant avec ceux dont ils ne partagent pas les idées, attitudes et comportements ? Non. Le signe évident qui prouve qu’ils sont sur le bon chemin et qu’ils vivent en contradiction avec l’esprit du monde, c’est le rejet et les railleries qu’ils essuient de la part de tous, parfois des personnes qui doivent normalement leur montrer une certaine proximité à cause de la même foi qu’ils partagent. Saint Paul, sur les pas du Christ, nous exhorte à offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint capable de plaire à Dieu. Nous ne devons pas prendre pour modèle le monde présent, mais nous transformer en renouvelant notre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.
Dans ma vie
Si ta conscience se révèle limpide et irréprochable, sois serein malgré la haine qui te poursuit. Comprends que ta vie qui prend modèle sur celle du Christ, dénonce les tares d’une société libertine qui veut étouffer le prophète pour ne pas se laisser convertir par lui.
Á méditer
Nous ne devons pas prendre pour modèle le monde présent (Rm 12, 2)
(Jr 20, 7-9 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27)





