Les recettes du Bénin s’établissent à 2.257.800.000.000 Fcfa au titre de l’année 2025, selon le ministère de l’Economie et des Finances. Comparées à 2016, ces recettes ont triplé en une dizaine d’années. Ce qui, a priori, montre que l’économie nationale basée en grande partie sur la collecte des impôts et des taxes se porte bien. Deux autres éléments pourraient être évoqués pour soutenir la vigueur de l’économie du Bénin. Le premier, c’est le taux d’endettement du pays qui, d’après la Caisse autonome d’amortissement (Caa), est de 50,1% du Produit intérieur brut (Pib). Il serait l’un des plus bas de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), où le plafond admis est de 70% du Pib. Le deuxième élément est le taux d’inflation de 1,1%, l’un des plus enviables de la Communauté. Sur la base de ces recettes et d’autres agrégats, l’économie béninoise est assez robuste. Soit !
à qui profitent ses performances économiques ? Pour répondre à cette interrogation, certaines réalités retiennent l'attention. Les recettes ont triplé en une dizaine d’années. Les salaires politiques ont incontestablement suivi la même courbe ascendante. Car députés, ministres, membres d’Institutions et autres hauts responsables politiques ont un traitement mensuel variant entre 6 et 10 millions et parfois plus. Pendant ce temps, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) est maintenu à 52.000 Fcfa. Le fonctionnaire moyen est à 100.000 Fcfa. En clair, certaines catégories de Béninois gagnent par mois, plus de 100 fois le Smig et plus de 60 fois celui du fonctionnaire moyen. Et pourtant, tous vont s’approvisionner sur le même marché. Une injustice criante voire révoltante dans la répartition des richesses nationales ! Un chantier sur lequel doit travailler rigoureusement le président de la République afin d’arrêter l’écart de pauvreté que creusent les dirigeants entre eux et la grande majorité des populations.

