ous nous souvenons de la Passion selon Saint Matthieu proposée au dimanche des Rameaux. La crainte des chefs des prêtres et des pharisiens était claire. Ils avaient peur de ce que Jésus avait dit de son vivant : « Trois jours après, je ressusciterai
» (Mt 27, 63). Sur l’ordre de Pilate qui mit une garde à leur disposition, ils assurèrent la surveillance du tombeau en mettant des scellés sur la pierre et en plaçant la garde (Mt 27, 66). Malgré toutes ces précautions, Marie-Madeleine qui de grand matin se rendit au tombeau, voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le décor de la Passion alimente un tant soit peu l’évangile de la Résurrection. Parmi les femmes qui regardaient de loin la fin tragique de Jésus, se trouvait Marie-Madeleine (Mt 27, 55
).
La voici encore qui brave l’obscurité de l’aube pour se rendre au tombeau. L’amour de Marie-Madeleine est une démarche de foi de grand prix qui sera récompensée par la découverte qu’elle a faite en première personne de la réalisation de la promesse faite par le Seigneur. On ne découvre le Bien-Aimé de nos âmes qu’en Le cherchant avec ardeur et sans relâche. L’attitude de Marie-Madeleine trouve sa résonance dans le Cantique des Cantiques et nous guide dans notre attitude de foi envers Jésus : « Sur ma couche, pendant les nuits, j’ai cherché celui que mon coeur aime… je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé. Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée. Avez-vous vu celui que mon coeur aime ? À peine les avais-je passés, que j’ai trouvé celui que mon coeur aime; je l’ai saisi, et je ne l’ai point lâché…
»
(3, 1-4).
Porter avec soi le Bien-Aimé pour l’annoncer aux autresRencontrer par la foi Jésus ressuscité est une expérience personnelle qui porte à la mission. Marie-Madeleine court annoncer aux apôtres la Bonne Nouvelle. Pierre et Jean aussi couraient tous les deux ensemble. Jean arriva le premier mais laissa entrer d’abord Pierre le chef des apôtres qui fit le constat. Jean entra ensuite. L’évangile de Pâque est rempli de leçons du respect de la hiérarchie.Tout le monde court mais sans perdre la place de chacun ni celle des choses. Là où l’urgence de l’évangile nous amène à ne plus respecter la place de chacun, ni à identifier ce qu’est chacun ou ce qu’il peut faire, nous ne faisons plus Église. Les femmes, créatures habituellement laissées pour compte dans la société et bien d’autres personnes qui sont sans un relief apparent, ont parfois une intimité profonde et insoupçonnée avec le Seigneur. À
ce titre, Dieu leur accorde des
privilèges particuliers qu’ils doivent soumettre à la hiérarchie comme l’a fait Marie-Madeleine. Ce n’est pas en désordre et dans l’anarchie qu’on annonce Jésus mais dans le respect de la hiérarchie. L’attitude de Jean à l’égard de Pierre va aussi dans le même sens. C’est dans le respect de la hiérarchie que le cheminement de sa foi a pris son envol.
Il vit et il crut La foi de Jean en la résurrection de Jésus s’est établie à partir du constat du tombeau vide. Et c’est de là que son coeur préparé par les Écritures s’est illuminé. Les Écritures ont annoncé que le Christ doit souffrir. Elles ont annoncé sa mort et ensuite sa résurrection. Jean qui a été le témoin de tous ces événements en souffrant dans son âme au pied de la croix, s’est rendu à l’évidence de la véracité des Écritures au sujet de l’annonce de la résurrection de Jésus. La foi chrétienne quand elle est vraie, se forme toujours à partir d’une expérience marquée par la souffrance qu’éclairent les Écritures. Le mystère de notre vie d’homme ne se comprend qu’à la lumière de la passion-mort-résurrection du Christ. Un autre chemin qui s’agrippe et s’arrête seulement à des signes prodigieux vus ou reçus de la part du Seigneur ne conduit pas à la foi authentique. Il veut mettre Jésus ressuscité au service de nos besoins matériels. La conséquence de la culture d’une telle spiritualité qui est en vogue aujourd’hui à travers l’annonce d’un évangile de prospérité, est que, l’on est rempli de ferveur en période de vache grasse; mais en période de vache maigre, on perd la foi. Saint Paul nous indique la meilleure spiritualité qui doit se vivre à partir de la Résurrection du Christ : Ressuscités avec le Christ, nous devons tendre vers les réalités d’en haut et non vers celles de la terre.
Dans ma vieQu’est-ce qui alimente ma foi en Jésus-Christ ? Les moments de victoire et de grand succès où tout marche bien ? Ou bien les moments difficiles aussi me font retrouver la marche à sa suite sur le chemin de la croix et de l’endurance, en attendant la vive lumière qui conduit à la glorieuse victoire ? À méditerLe mystère de notre vie d’homme ne se comprend qu’à la lumière de la passion-mort-résurrection du Christ. Un autre chemin qui s’agrippe et s’arrête seulement à des signes prodigieux vus ou reçus de la part du Seigneur ne conduit pas à la foi authentique.