Prière et témoignage

Père Antoine TIDJANI
Après l’Ascension de Jésus, la vie reprend son cours normal. Il faut l’affronter avec ses défis. Jésus est auprès du Père, assis à sa droite, puissant intercesseur pour les siens qui sont encore dans le monde et qui doivent prendre en main, l’annonce de la Bonne Nouvelle. Ils ont appris de Jésus que toute entreprise importante doit commencer par la prière : Si Dieu ne bâtit la maison, c’est en vain que travaillent les maçons. Nous avons tôt fait de croire que notre activisme, notre savoir-faire et notre intelligence suffisent pour nous garantir succès et bons résultats. À travers les regards qu’on porte sur les personnes dans la société, ceux qui donnent du temps à la prière sont plutôt considérés avec une cote moins favorable que ceux qui abordent leur devoir d’état en courant dans tous les sens, toujours affairés. Ceux-ci sont qualifiés de « dynamiques» et ceux-là de « flemmards qui n’ont pas les pieds sur terre ». Heureusement que l’histoire multiséculaire de l’Église, illuminée par le modèle laissé par Jésus-Christ et relayée par l’exemple des saints apôtres du Seigneur, n’a jamais démenti le pesant d’or que vaut la prière, source de fécondité pour toute entreprise humaine. La prière, tout en étant une imploration du secours de Dieu sur la faiblesse de l’homme qui se sent limité et qui veut s’aider de la toute-puissance divine pour agir, est aussi toute une vie, toute la conscience de l’orant modelée sur la bonne conduite inspirée par les enseignements du Seigneur. C’est pourquoi celui qui prie bien, travaille aussi bien avec une conscience du devoir irréprochable. Et c’est aux pieds de Marie, Mère de Jésus et notre mère que les apôtres ont appris, après l’Ascension du Seigneur, à faire église en élevant en chœur comme un seul homme, vers les cieux, leurs premières prières ferventes dans l’attente de l’Esprit, Source de force pour le témoignage.
Avec Marie, en avant pour le témoignage et la vie éternelle
Le disciple du Christ, c’est l’homme le plus entouré et le plus comblé. Constamment soutenu par la présence maternelle de Marie et ses prières, il est aussi celui pour qui le Seigneur Jésus prie. C’est heureux et rassurant pour nous de savoir que Jésus que nous suivons, c’est Celui qui a reçu du Père pouvoir sur tout être de chair. C’est Celui qui donnera la vie éternelle à tous ceux que le Père lui a donnés. Or la vie éternelle consiste à connaître le seul vrai Dieu et Jésus-Christ, son envoyé. « Connaître » ne traduit pas dans ce cas une somme de savoirs mais c’est une vie de communion profonde avec Dieu, qui nous fait vivre dès ici-bas de la vie de Dieu par son Fils Jésus-Christ, qui se propose comme le seul modèle de notre existence, que nous devons reproduire. La vie chrétienne par conséquent, ne peut se contenter de faire des hommes qui gardent seulement les yeux rivés au ciel en priant à longueur de journée. La prière doit conduire à la communion avec Jésus-Christ souffrant pour un vibrant témoignage que rien au monde ne peut réprimer. Évacuer de la vie chrétienne la souffrance et prendre seulement tout ce qui est commode et glorieux, sont une attitude qui dépeint aujourd’hui un certain parasitisme indigne des vrais disciples du Christ : La Bible en main, le Nom de Jésus-Christ sur les lèvres, on veut se faire un nom aux dépens de Celui incomparable du Seigneur. On veut se faire une promotion économique qui vise à interdire définitivement la misère qu’on a tenue par la queue jusque-là. Travailler vaillamment pour le nom du Christ en acceptant des veilles, des fatigues, des insultes et des persécutions, c’est cela être sur le chemin de la gloire.
Dans ma vie
Suis-je suffisamment mordu pour prendre ma part de souffrance pour l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ avec un zèle toujours renouvelé ?
À méditer
Évacuer de la vie chrétienne la souffrance et prendre seulement tout ce qui est commode et glorieux, sont une attitude qui dépeint aujourd’hui un certain parasitisme indigne des vrais disciples du Christ.
(Ac 1, 12-14 ; 1P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b-11a )




