Marie, modèle de ceux qui prient

Notre-Dame
On comprend alors pourquoi les croyants, appelés à explorer de leur foi consciente, recourent à Marie dans la prière. Lorsque nous sommes projetés aux frontières de nos responsabilités, il ne nous reste plus qu’à nous agenouiller et à supplier. Et là, nous retrouvons Marie en prière au cénacle avec les onze apôtres. Pour approcher le mystère de sa prière avant Pâques, il faut contempler sa prière après la résurrection, c’est-à-dire au moment où elle est envahie par l’Esprit : « Tous d’un même cœur, étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. » (Ac 1,14)
Je suis de plus en plus persuadé qu’il n’y avait aucune commune mesure entre la prière de Marie avant l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte, et sa prière au cénacle. Bien sûr, dès le premier instant de sa conception, elle était possédée par la vie de Dieu, ce que nous appelons la grâce à un degré incandescent, telle qu’elle s’est transformée en gloire : c’est la colonne de nuée qui devient colonne de feu, ou la gloire qui entre dans le temple de Jérusalem au moment où celui-ci est consacré.
à ce moment-là, la prière de Marie au cénacle est devenue une prière de feu, au sens du terme : la prière lumineuse dont parlent les pères de l’Orient. Nous ne discutons pas ici du moment où eut lieu l’effusion de l’Esprit, puisque dès le soir de la résurrection, Jésus envoya l’Esprit sur les apôtres (cf. Jn 20, 22) ; ce qui nous intéresse, c’est la glorification du Christ dans sa Pâque, et le don de l’Esprit qui sort du côté ouvert du Christ, comme le dit bien Saint Jean. Il faudra que le Christ soit glorifié pour qu’il libère l’Esprit, et le fasse jaillir dans le cœur comme une source d’eau vive (cf. Jn 7, 37-39). La Pentecôte sera réellement la manifestation visible, aux yeux du peuple, de la puissance de l’Esprit et de la gloire habitant le cœur de la Vierge et des apôtres en prières au cénacle. à ce moment-là, ils bénéficièrent vraiment de la promesse faite par Jésus (cf. Jn 16,7ss).
Pour Marie et les apôtres, l’effusion de l’Esprit fut un événement fondateur de la foi. Jusqu’à la résurrection de son fils, Marie avait cru dans une certaine obscurité, mais dès que l’Esprit lui fut donné, sa foi devint lumière, chaleur, douceur et joie tout au fond du cœur. C’est du dedans qu’elle est illuminée, pour reconnaître la puissance de la gloire du Christ Ressuscité. Les évangélistes sont très discrets sur les rencontres du Ressuscité et de sa mère, mais au fond, elle n’avait pas besoin de le voir, puisqu’il vivait en elle par la puissance de son Esprit.
En lisant les Actes des apôtres, on voit bien que Marie a joué un rôle très important pour soutenir la foi des apôtres, dans la prière, l’espérance et la confiance. Elle est vraiment Mère de l’Église.

