La tendressse de Dieu
La tendresse est l’aspect affectif, charnel, de l’amour. Ce que l’hébreux exprime par le terme « entrailles » (Lc 1, 42). Telle est l’attitude naturelle des vivants pour leur progéniture, leurs proches (Gn 43, 30) ; mais la tendresse conjugale est spécifiquement humaine (Gn2,23-24). Par analogie, toute la Bible atteste la tendresse de Dieu pour ses créatures (Dt4, 31). La tendresse de Dieu ne peut être comparée à rien parce qu’elle est infinie. Le cantique exprime cette tendresse comme celle de deux amants (Ct 1, 15-16). Tel est aussi l’amour du Christ pour l’Église (Ep 5, 25-32). Dieu est un Père qui aime comme une mère (Ps 103, 13). Par amour, il donne la vie, il crée des humains à son image. Sa tendresse est gratuite, fidèle, inépuisable, toujours en éveil. Elle se renouvelle chaque matin (Lm 3, 22-23). Elle s’adresse à tous. La tendresse de Dieu s’exprime par dessus tout dans le pardon des fautes. Cependant, ce pardon suppose une démarche de conversion. Dieu ne force personne, mais il avertit que l’impie court au désastre, car il se fie à lui-même (Dt 29, 17 20). La bonté de Dieu est lisible dans la création et Israël en a fait l’expérience. C’est en Jésus Christ que la tendresse du Père s’est largement manifestée à tous les hommes, car Dieu se complaît dans son serviteur et par analogie, il se rend proche de l’humanité faible. Les derniers et les pauvres ont quelque chose à faire bouger dans les entrailles de Dieu. La compassion de Dieu se révèle en Jésus. Dans l’Évangile selon St Matthieu, par exemple, le maître du domaine donne le même salaire à tous les ouvriers. Même les derniers venus sont objet de la bonté de Dieu au même titre que les premiers. La tendresse de Dieu peut faire resurgir la jalousie dans le cœur de qui se considère premier et meilleur que les autres. Dieu a donné le témoignage suprême de sa tendresse en annulant toutes les dettes et en offrant gratuitement le salut. Il veut faire pénétrer sa tendresse dans le cœur de l’homme (Za 7, 9). Les prophètes l’annoncent comme un don, car l’homme n’en est pas digne. Aux ouvriers de la première heure de l’Évangile selon St Matthieu, le maître dit : Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? Nous sommes tous invités à « revêtir les entrailles compatissantes de Dieu » (Col 3, 12-14). Car quiconque ferme ses entrailles à son frère s’exclut de l’amour de Dieu (1 Jn 3, 17).


