► Abomey célèbre un baobab de l’œuvre sociale

L'Amicale des fils et filles de Mgr Agboka en caravane à la fin du mini-colloque
L’église-Famille de Dieu à Abomey a clôturé le samedi 6 juin 2026, le jubilé du centenaire de la naissance de Mgr Lucien Monsi Agboka, de vénérée mémoire. Les activités lancées le 2 août 2025 ont été couronnées par un mini-colloque, une géante caravane, l’inauguration ou la rénovation d’édifices et la messe pontificale présidée par Mgr Eugène Cyrille Houndékon, évêque d’Abomey, en présence d’une soixantaine de prêtres.
«Quand vous lui confiez votre enfant, il vous le retourne avec un diplôme en main et un emploi. Il s’occupait de tout : éducation, formation, insertion professionnelle », témoigne Michel, la quarantaine, qui a rejoint la caravane de l’Amicale des filles et fils de Daagbo Agboka. Peintre auto, il fait partie des 2.500 enfants bénéficiaires de l’œuvre caritative du prélat défunt.
Tout le monde l’appelle "Daagbo". Un titre honorifique qui traduit la tendresse et la sagesse de Mgr Lucien Monsi Agboka. Sous un soleil de plomb le vendredi 5 juin 2026, les caravaniers ont parcouru quelques artères, grandes places et centres Caritas d’Abomey. à l’aide de troupes folkloriques, de fanfare et une bâche portant l’effigie de Mgr Agboka, ils ont passé le message du centenaire de la naissance du prélat en invitant les populations à participer massivement à la messe pontificale. « J’y serai. Daagbo est inoubliable et immortel ! Il a été plus qu’un père pour moi », lance une commerçante lors du passage de la caravane dans le marché de Bohicon.
Le lendemain, samedi 6 juin 2026, la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul d’Abomey grouillait de monde. Avant la célébration, Mgr Eugène Cyrille Houndékon inaugure la Salle Mgr Lucien Monsi Agboka située dans la cour du presbytère de la cathédrale. à l’entame de la messe, il dépose un bouquet de fleurs sur la tombe du prélat défunt. Son homélie va le présenter comme « le pionnier et l’architecte majeur sur tous les plans » dans le diocèse. « La mémoire collective vénère constamment Mgr Agboka comme un pasteur au cœur débordant de compassion envers les malades et d’amour pour tous, surtout les femmes et les hommes vulnérables, sans oublier les filles et les garçons en quête d’éducation intégrale tant au niveau scolaire que professionnel », déclare-t-il. Il parle ensuite de l’enfance de Mgr Agboka, de ses études en théologie et de son épiscopat d’une quarantaine d’années. Selon lui, Mgr Agboka « a été le reflet de la vie de Saint Paul. Lui-même, sa vie a été la mise en œuvre de l’exhortation pastorale de Saint Boniface ».
Journée scientifique sur Mgr Agboka
Le mini-colloque organisé par le diocèse d’Abomey le vendredi 5 juin 2026 à l’hôtel "Le Vignoble" a rassemblé le peuple de Dieu, des prêtres, des religieuses et une trentaine de chercheurs autour des œuvres de Mgr Lucien Monsi Agboka, notamment la quasimodo pour la réflexion autour des sujets pastoraux, E ta dô mè dé man do fi pour l’auto-prise en charge, Tô vi dô zan kou pour la recherche en traitement médicinal, Mêwi Hwendo pour la promotion de la culture à la lumière de la foi chrétienne, Hanyé ou rythme de la cour royale d’Abomey mis au service du Seigneur. La conférence inaugurale du Père Eustache Nobimè, économe diocésain, a souligné le rapprochement du combat de Mgr Agboka de celui de Saint Paul, avec trois implications pastorales pour aujourd’hui : « La première implication pastorale, c’est la confiance au Maître de la mission et la disponibilité. La deuxième, c’est l’audace missionnaire. La troisième, c’est la mystique du combattant », déclare-t-il. Le Père Cyprien Tindo va insister sur la structuration de la mission pastorale et des œuvres caritatives du prélat à partir de 1992.
En s’appuyant sur sa thèse de Doctorat sur les œuvres de Mgr Agboka, Dr William Comlan, Enseignant-chercheur de l’école des Hautes études en sciences sociales de Paris, a rappelé le contexte d’émergence de l’action sociale de l’église à Abomey. Sur le plan culturel, les Pères Gaston Aïtondji et Mathieu Hangnoun ont abordé la pertinence et l’actualité de l’inculturation, ainsi que la recherche en tradithérapie. La problématique de la réhabilitation de la personne humaine chez Mgr Agboka a fait l’objet de la communication du Père Jean-Baptiste Djessoukpo, Docteur en Sciences de l’éducation. « Dans le futur, et si notre Père évêque le juge convenable et opportun, il est souhaitable que d’autres centres ou structures pastorales puissent être mis sous le patronage de Mgr Agboka. Et pourquoi pas, la création d’une Union pieuse, si l’Esprit Saint la suscite, qui portera son nom et perpétuera sa pensée pastorale et son charisme au nom du Christ et de son évangile d’amour. Ce sera une manière complémentaire et belle de rendre Daagbo Agboka toujours vivant dans la mémoire collective de ce diocèse », conclut-il. Dans le panel de la journée scientifique, Henriette Bomard, Joseph Ogounchi, Dr William Comlan et le Père Vincent Nouhoui ont partagé avec l’assistance leur expérience avec Mgr Agboka. Mgr Eugène Cyrille Houndékon a clôturé les travaux dans son mot de remerciement.
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