► « Comme le Christ, médecin délicat, prenez patience, relevez le roseau qui s’est couché, protégez la flamme qui vacille »
(Extraits de l’homélie de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo)

Mgr Aristide Gonsallo
Au cours de la messe des 40 ans de sacerdoce du Père Charlemagne Koudhorot, Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, a fait trois recommandations au jubilaire en projection de ses noces d’or sacerdotales. Le prélat parle notamment de l’attention pastorale.
J’entends maintenant donner trois recommandations au Père jubilaire. Cher Père Charlemagne, la première recommandation à l'horizon de vos noces d'or sacerdotales, c'est l’attention au lien indéfectible entre la beauté du sacerdoce et la fréquentation régulière de la Parole de Dieu. En écoutant le prophète Isaïe, à travers l’Évangile d’aujourd’hui, nous découvrons une des notes décisives de l’action de l’Esprit Saint. C’est l’annonce de la Parole de Dieu à tout prix. « Aux nations, rapporte Isaïe, mon serviteur fera connaître le jugement ». Je voudrais alors vous inviter, cher Père Charlemagne, à mettre davantage un accent particulier sur la Parole de Dieu en puisant dans les écritures pour nourrir cette nouvelle saison de votre vie. Saint Matthieu affirme avec force que ceux qui sont guéris, tous ceux qui suivent Jésus et sont rendus à la vie et à la pleine possession de leurs facultés, doivent ouvrir bien grand leurs oreilles pour écouter la Parole. Le Christ Jésus vous recrée comme un sujet qui écoute et qui annonce la Parole. Il faut donc continuer d’accueillir la Parole pour découvrir et connaître davantage le Messie. Et pour que la guérison qu’il vous offre porte tout son fruit, il vous faut mettre davantage vos pas dans les siens. En vue de promouvoir la beauté du sacerdoce, il s’agit de taire votre innocence quand ce silence peut protéger un frère ou une sœur qui croit et qui est confié à vos soins. Il s’agit de protéger la flamme que les épreuves font vaciller, pour donner raison au Seigneur qui espère que cette flamme va se redresser. Il s’agit de taire ces paroles vides de sens, pour ouvrir vos oreilles aux paroles de la vie éternelle. Que l’Esprit Saint vous y aide aujourd’hui et chaque jour de votre vie !
Cher Père Charlemagne, la deuxième recommandation à l’horizon de vos noces d’or sacerdotales, c’est l’attention au lien indéfectible entre la beauté du sacerdoce et l’humilité devant le don gratuit de Dieu. L’Évangile, actualisant la parole prononcée par le prophète Isaïe, nous rappelle la discrétion, la pudeur sans moyens fracassants du serviteur de Dieu. Nous lisons en effet : « On n’entendra pas sa voix sur les places publiques ». à l’heure décidée par le Père, le serviteur triomphera, non par la puissance ou la force, mais par la douceur et l’humilité à leur paroxysme, car il se livrera lui-même aux mains des hommes afin de les sauver, en les aimant d’un amour plus fort que la mort. Cette image saisissante demeure la référence du mode d’agir de Dieu, et pour nous prêtres, le critère du discernement de nos stratégies pastorales. C’est dans cette grande humilité de Dieu que vous trouverez la juste mesure pour apprécier le don incommensurable du sacerdoce reçu de Dieu, sans aucun mérite de votre part. Vous rendez grâce pour tous ces beaux visages qui, dans l’église et parfois même hors de l’église, ont donné chair à votre beau ministère. Par-dessus tout, c’est à Dieu que vous rendez grâce parce qu’il a eu l’audace de vous choisir malgré vos limites et vos fragilités, pour incarner sa beauté au milieu de son peuple à travers l’exercice de votre beau ministère.
Le Père Céleste trouve sa joie dans ses enfants qui, dociles à l’Esprit Saint reçu au baptême, empruntent le chemin du Christ. C’est un chemin de beauté, de douceur, d’humilité, de discrétion, de patience, de compassion et de miséricorde. C’est ainsi que depuis les premiers martyrs jusqu’à Mère Teresa, en passant par Sainte Claire d’Assise, patronne de cette paroisse, Saint François d’Assise et Padre Pio, tous les Saints ont témoigné de celui qui a institué le sacerdoce dans sa beauté. Ils ont rappelé au monde par toute leur vie que seul l’amour est digne de foi, comme aimait bien à le dire Saint Augustin. Ce n’est pas n’importe quel amour, mais comme le dit Saint Paul, c’est l’amour qui prend patience, l’amour qui rend service, l’amour qui ne jalouse pas, l’amour qui ne plastronne pas, l’amour qui ne s’enfle pas d’orgueil. Aujourd’hui, comme hier et déjà pour demain, les hommes et les femmes de ce temps attendent toujours et attendront davantage ce témoignage de vous, cher Père Charlemagne. Que l'Esprit Saint vous y aide !
La troisième recommandation à l’horizon de vos noces d’or sacerdotales, cher Père Charlemagne, c’est justement l’attention au lien indéfectible entre la beauté du sacerdoce et le service continu de vos frères et sœurs. Votre engagement est continu car le service de Dieu ne s’arrête jamais. L’Évangile nous rappelle qu’une des notes décisives de l’action de l’Esprit Saint, c’est l’attention extrême et la sollicitude vis-à-vis des plus faibles et des plus démunis. Le serviteur n’écrasera pas le roseau froissé. Il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. Jésus s’éloigne des disputes avec les pharisiens pour aller vers la multitude qui l’attend. « Beaucoup le suivirent et il les guérit tous », nous dit l’Évangile. Son cœur est large ouvert pour accueillir toute détresse et pour soigner toute maladie. Voilà une révélation claire sur le fait que le peuple de Dieu dont vous avez la charge, a besoin de la guérison du Seigneur pour retrouver sa splendeur, sa beauté première à travers votre ministère. Alors, comme le Christ, médecin délicat, prenez patience, relevez le roseau qui s’est couché, protégez la flamme qui vacille car vous savez qu’elle peut briller à nouveau. Ainsi, vous témoignerez que de la même manière que la guérison est pour tous, le salut est pour tous également. Qu’y a-t-il de plus beau dans l’exercice de votre ministère !
Cher Père Charlemagne, pour finir, je vous remercie de nous avoir laissé dans votre témoignage, pour la circonstance, trois repères que nous pouvons découvrir dans la plaquette réalisée en cette occasion. D’abord, le Christ dont nous sommes le lieutenant au milieu de nos frères et sœurs. Ensuite, l’église qu’il nous faut aimer. C’est en église que notre ministère trouve son milieu de germination et la réalisation de sa beauté. Enfin, la prière avec au sommet l’Eucharistie, qui fait la beauté du prêtre et de son sacerdoce dans une communion permanente à Dieu. Que c’est beau de voir un prêtre heureux célébrant l’Eucharistie ! Que par l’intercession de la Vierge Marie et de Sainte Claire d’Assise, patronne de cette paroisse, Dieu vous dispose encore plus aux merveilles de son Amour ! Que le Christ ouvre davantage votre cœur à sa Parole pour que sa beauté resplendisse dans votre ministère sacerdotal, aujourd’hui et chaque jour de votre vie ! Amen.






