L’homme est un être de soif. Ses diverses soifs le rendent dépendant des sources d’eau auxquelles il revient toujours, mais qui n’arrivent jamais à étancher définitivement sa soif. Ces sources d’eau tarissables elles-mêmes, s’il ne les abandonne pas pour se lancer à la recherche d’une autre encore meilleure, c’est elles qui l’abandonnent par usure, faute de pouvoir continuer à lui servir de source. Dans le désert, abandonné à lui-même, se trouvant au dépourvu de toutes les sources d’eau, le peuple cria vers Moïse en récriminant contre lui. Moïse, sachant qu’il n’est de source véritable que de Dieu, cria vers le Seigneur. Sur ordre de Dieu, il frappera le rocher. Il en sortira de l’eau et le peuple boira. Ce rocher selon la tradition juive tardive, est une image de Dieu, source de vie, présent au milieu de son peuple. Dieu est le rocher impénétrable qui garde son secret jusqu’à ce qu’il accepte d’être percé, et que la vie jaillisse de sa blessure. En Jésus, Dieu se fait faible. C’est en mourant qu’il révèle le secret de l’Amour et de la miséricorde de Dieu envers nous. C’est à cela que fait allusion Saint Paul dans l’épître aux Romains, en disant que « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). Comme on peut le lire plus loin dans l’Évangile de Jean, c’est du cœur de Jésus percé par une lance qu’ont jailli du sang et de l’eau, source de l’Esprit Saint (Jn 7, 37 ; 19, 34). |
Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelleJésus, la source d’eau vive, demande de l’eau à boire à la femme samaritaine, alors que celle-ci a toujours besoin de l’eau et vient au puits de Jacob avec sa cruche. Cette humilité de Jésus a déjà rencontré l’opposition de la part de Jean-Baptiste quand il demanda à celui-ci de le baptiser : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens vers moi ? » (Mt 3, 14). La femme samaritaine ici rétorqua : «Comment
! Toi un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? ». Jésus brise ainsi les barrières raciales séculières qui empêchaient Juifs et Samaritains de composer ensemble. Juifs et Samaritains étaient si séparés qu’un commentaire juif déclarait : « Celui qui mange le pain d’un Samaritain est comme celui qui mange de la viande du porc. » L’une des plaies des sociétés et qui freine le développement des peuples, c’est l’entretien des querelles historiques transmises de génération en génération. Sans la coopération entre les hommes, il n’y aura jamais cet échange qui permet de prendre le meilleur que l’autre a, pour que l’on puisse se compléter soi-même. Jésus, pour ouvrir l’homme au don insondable que Dieu lui livre à travers la rencontre avec le Christ, montre à l’homme qu’il a besoin de lui. Il a besoin du malade et du faible que nous sommes pour nous guérir et nous communiquer sa force. Il a besoin de nos soifs jamais étanchées pour nous
révéler que la seule source d
’eau qui apaise notre soif sur terre, c’est Lui. « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : \"Donne-moi à boire\", c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Tant que nous n’avons pas encore rencontré Jésus dont l’Esprit nous comble dans les fonts baptismaux, lui l’Époux véritable de nos âmes, nous sommes comme la femme samaritaine dont l’âme est partagée par des amants qui abusent d’elle pour s’en éloigner, la laissant encore plus assoiffée. La rencontre véritable avec Jésus transforme en faisant découvrir l’essentiel à mettre au-dessus des accessoires qui trompent la soif sans l’apaiser : l’homme devient alors témoin de Jésus-Christ et l’annonce aux autres par sa vie devenue source d’eau jaillissant pour la vie éternelle.
Dans ma vieLa rencontre véritable avec Jésus transforme en faisant découvrir l’essentiel. À méditerL’exclusion qui consiste à diaboliser l’autre et à s’exalter soi-même bloque tout.