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4e dimanche de Pâques-A

Le Bon Pasteur

Par Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE24 avril 202615 vuesJournal N° 1860
Le Bon Pasteur

Père Antoine TIDJANI

Aujourd’hui c’est le quatrième dimanche du temps de Pâques. Nous fêtons le Bon Pasteur. C’est le dimanche aussi des vocations. Les paroisses reçoivent la visite des consacrés. Envoyés pour rendre témoignage de l’unique Bon Pasteur afin de susciter des appels à sa suite, ils racontent l’histoire de leurs vocations. La suite du Seigneur comme consacré n’est pas une marque de supériorité acquise sur les autres membres de la société. Beaucoup de jeunes comprennent ainsi à tort l’appel à la suite du Christ. Ils imaginent qu’être prêtre ou consacré, c’est s’élever à la tête des autres, les commander, bénéficier de faveurs particulières. C’est ainsi que dès les premières manifestations de ce qu’ils ressentent comme vocation au fond de leur cœur, certains jeunes garçons ou filles commencent par se singulariser et ils dédaignent de se salir les mains comme tous les jeunes de leur classe d’âge. Certains s’agrippent à une vie de prière sans frein, sombrent dans la paresse intellectuelle et répètent à longueur de journée : «…enfin, moi je veux devenir \"mon Père\"… moi je veux devenir ma Sœur ». Et cela sert d'alibi pour mener une vie de léthargie qui ne se donne même aucun effort pour s’entraîner aux conseils évangéliques, en attendant l’accès aux maisons de formation. D’autres abandonnent tous les travaux domestiques en se déchargeant sur leurs mamans, leurs frères et sœurs, attendant patiemment que la liste sorte et qu’ils voient leurs noms figurer parmi les candidat(e)s retenu(e)s pour faire leur entrée. Mais puisque la grâce ne change pas la nature, s’ils arrivent à passer entre les mailles à travers des jeux de basses flatteries qui, d’après Honoré de Balzac, « n’émanent jamais des grandes âmes», ils deviendront des consacrés et des pasteurs qui profitent de leurs positions pour s’engraisser aux dépens des brebis.   Bons et mauvais pasteurs : les signes de discernement Saint Pierre parlant de Jésus en termes d’un bon berger, dit qu’il veille sur nos âmes. Il a pris nos péchés sur lui-même, sur le bois de la croix pour que nous soyons délivrés de nos péchés et que nous vivions dans la sainteté. Le bon pasteur se sacrifie pour les brebis. L’appel à se mettre à la suite du Christ pour révéler son visage de Bon Pasteur au monde, comporte par conséquent une bonne dimension du sacrifice personnel. Avoir le souci de conduire les âmes sur le chemin de la vie éternelle : telle doit être la grande préoccupation qui anime les cœurs. Sont interpellés ceux qui aspirent à devenir pasteurs ; ceux qui les forment ; ceux qui ont voix au chapitre dans les diocèses et qui ont le privilège de redéployer leurs frères et sœurs dans les différents champs pastoraux et missionnaires. Ces derniers parfois éttouffent les meilleures vocations en les frustrant par ressentiment et règlement de comptes. Le souci premier ne doit pas être l’argent à amasser, le bien-être matériel à s’assurer. On ne doit pas penser le ministère ou la mission en termes de promotion sociale, des postes \"juteux\" à négocier pour les avoir à tout prix, recourir comme dans la vie civile à tous les moyens pour les avoir. Il ne doit pas y avoir des postes \"protégés\", des postes \"chasse-gardée\" réservés pour soi ou pour intimes et familiers. Il ne doit pas non plus y avoir des postes \"marginaux\" réservés à certaines personnes, toujours les mêmes, au long des années. Si, pour l’envoi en mission, les critères de \"sentiment\" ou de \"ressentiment\" prennent le pas sur les critères d’objectivité et de compétence, on décourage les vrais serviteurs des âmes qui, blessés, ne développent pas totalement toutes les potentialités dont ils sont dotés. On ne travaille plus pour le Bon Pasteur. C’est pour cela qu’il se plaint en faisant comprendre que l’unique modèle à suivre, c’est Lui-même : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis et je veillerai sur elles…» (éz 34,11).   Dans ma vie Ma vie comporte-t-elle une dose de sacrifice à l’imitation du Bon Pasteur ?   À méditer Former les cœurs pour Jésus vaut mieux que construire des gratte-ciel.   ( Ac 2, 14a.36-41 ; 1P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10 )  

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