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3e CHAPITRE GENERAL DES SŒURS FRANCISCAINES FILLES DE PADRE PIO

Sœur Solange Houinato élue Supérieure générale

La Croix du Bénin17 septembre 202638 vuesJournal N° 1881
Sœur Solange Houinato élue Supérieure générale

La Soeur Solange Houinato a été élue Supérieure générale des Soeurs Franciscaines Filles de Padre Pio au cours du 3e Chapitre général de l'Institut qui s'est déroulé du 1er au 14 septembre 2026 à Cotonou

Du 1er au 14 septembre 2026, les Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio ont tenu leur 3e Chapitre général à Cotonou. Occasion pour les capitulantes de redécouvrir l’identité de leur apostolat. Au terme des assises marquées par la prière, la réflexion et les échanges, la Sœur Solange Houinato a été élue Supérieure générale pour six ans. La messe de clôture du Chapitre célébrée le 14 septembre dernier projette l’Institut dans l’avenir pour mieux assurer sa mission, en s’appuyant sur ses fondements.

 

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Par Alain SESSOU

►  Nécessité de revenir à la source

La nouvelle équipe dirigeante des Filles de Padre Pio pose avec Mgr Roger Houngbédji et les Pères concélébrants

Environ 300 fidèles, parents, amis, religieuses et religieux ont rendu grâce avec les Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio qui ont clôturé, le 14 septembre 2026, leur Chapitre électif. Pour la circonstance, l’eucharistie célébrée en la paroisse Saint Jean-Baptiste a été présidée par Mgr Roger Houngbédji, o.p, Archevêque de Cotonou, avec à ses côtés Mgr Antoine Ganyé, Archevêque émérite de Cotonou. Elle a été concélébrée par une dizaine de prêtres dont le Père Théophile Akoha, vicaire général et curé de la paroisse hôte, et le Père épiphane Nayéton, vicaire épiscopal chargé de la vie consacrée.

«Dans la joie, Sœurs Franciscaines Fille de Padre Pio, revenons à notre identité pour un héritage spirituel durable ». Tel est le thème autour duquel se sont réunies les Sœurs Franciscaines pendant les deux semaines qu’a duré leur 3e Chapitre général. Au cours de leurs assises et dans la prière, plusieurs activités ont marqué leurs travaux. D’abord, ce thème inspiré par l’Esprit Saint, selon la nouvelle Supérieure générale, est venu d’un constat : les sondages, collectes d'informations et analyses recueillies ont révélé au niveau de l’Institut qu’entre-temps, l’identité n’est plus tellement vécue comme reçue à l’origine. D’où la nécessité d’une réévaluation. Ce à quoi se sont attelées les assises.  Elles ont permis aux Sœurs d’évaluer leur vie au cours des six dernières années. Une évaluation des activités à travers l’apostolat, la mission mais aussi la gestion financière. Pour y arriver, elles se sont appesanties sur les écrits et les circulaires de leur fondateur, le Père Gilbert Dagnon, de lumineuse mémoire.

à l’aune de ces documents, les Sœurs capitulantes ont réfléchi sur leur vie de prière, la vie communautaire et le champ de mission. De quoi permettre aux membres de l’Institut de suivre de plus près le Christ, à la manière de Padre Pio.

S’adressant aux Sœurs, Mgr Roger Houngbédji, dans son homélie, a déclaré : « Votre Institut est un don de Dieu fait à l’Église. Vous êtes un don de l’Esprit pour l’Église. Et l’Archidiocèse de Cotonou, à son tour, doit accueillir les charismes que l’Esprit fait surgir en son sein. Car l’Esprit Saint n’appauvrit jamais l’Église par la diversité de ses dons. Il l’enrichit. À condition que les dons deviennent communion. À condition que les charismes deviennent service ». Puis le prélat ajoute : « Chères Sœurs Franciscaines, Filles de Padre Pio, en achevant aujourd’hui votre Chapitre Général, ne demandez pas seulement au Seigneur : "Que devons-nous faire ?". Demandez-lui d’abord  : "Que devons-nous devenir ?"». Toute une recommandation du célébrant principal qui interpelle la conscience des capitulantes les six années à venir et au-delà. Comme pour les relancer à nouveau dans la mission, Mgr Houngbédji souligne « que cette Eucharistie, qui clôt aujourd’hui leur troisième Chapitre Général, ne soit pas une conclusion. Qu’elle soit le commencement d’une nouvelle étape dans leur marche à la suite du Christ ». Née le 16 octobre 1975 à Abomey, Sœur Solange Houinato est medecin-pédiatre. Elle a fait ses premiers vœux le 25 août 2001.

Nouvelle équipe dirigeante

- Supérieure Générale : Mère Solange HOUINATO

- Assistante Générale : Sœur Béatrice AGBO

- 2eme Conseillère Générale : Sœur Antoinette KOUNONZO

- 3ème Conseillère Générale : Sœur Marina C. KTNHOUANDé

- 4ème Conseillère Générale : Sœur Puicherie OLOUI AGANI

- 5ème Conseillère Générale : Sœur Sidonie BOKONONGA

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Par Propos recueillis par Innocent ADOVI

►  « Je vois bien difficile la mission, mais j’ai la conviction que le Seigneur lui-même s’en chargera »

Mère Solange Houinato

Dans cette interview, la Sœur Solange Houinato, élue Supérieure générale des Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio, raconte les premiers instants de son élection lors du 3e Chapitre. Elle parle également de l’état des lieux de l’Institut à sa prise de fonction et des défis qu’elle entend relever pour le rayonnement de leur charisme.

La Croix du Bénin : Vous avez été élue Mère de l’Institut des Filles de Padre Pio à l’issue du 3e Chapitre général qui s’est déroulé du 1er au 14 septembre 2026. Quelle a été votre première réaction à l’annonce de votre élection ?

 

Mère Solange Houinato : Quand j’entendais de plus en plus mon nom dans la salle capitulaire, lors du dépouillement des votes, ma première réaction était un étonnement. Au début, j’étais tranquille mais très vite, j’ai senti comme une secousse, une palpitation. J’ai dû baisser la tête ; j’ai pensé à mes limites. Et j’ai souri en me demandant si c’était un rêve ou une réalité.

Très vite après l’étonnement, j’ai mesuré le poids, la charge. J’ai pensé aux différentes catégories de mes Sœurs en matière d’âge, aux Fraternités, aux œuvres, aux difficultés que traverse l’Institut, aux défis à relever, au Centre médical que je dirige. Dans ce silence, une voix me dit : « Si telle est Sa volonté, Il s’en chargera ». J’ai commencé par offrir à Dieu mes fragilités pour qu’il assume en moi, lui-même, cette lourde charge. J’ai retrouvé alors une sérénité puis j’ai dit "Oui" en m’abandonnant à la volonté de Dieu. Je vois bien difficile la mission, mais en même temps, j’ai foi et la conviction que le Seigneur lui-même s’en chargera et qu’il me devance dans cette nouvelle mission.

 

Fondées en 1995 par le Père Gilbert Dagnon, les Filles de Padre Pio appartiennent à la famille franciscaine. Parlez-nous brièvement de l’état des lieux de la congrégation en insistant sur son apostolat, le nombre de communautés et de Sœurs.

L’Institut des Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio (Sfpp) est un Institut semi-contemplatif de droit diocésain, dont le charisme est de rentrer dans l’économie de la mort du rédempteur, pour suivre le Christ de plus près en travaillant aux œuvres de Padre Pio et répondre avec compassion à toutes sortes de misère humaine comme lui. De spiritualité franciscaine, plus précisément de Padre Pio marquée par l’amour très ardent du crucifié, une vie toute mortifiée, effacée, rayonnante des signes de la passion du Sauveur. Une spiritualité franciscaine de pauvreté radicale, de fraternité universelle, de sacrifices joyeusement consentis, de participation volontaire à la passion du Christ qui doit nous inonder de joie, d’esprit missionnaire, de l’amour ardent pour l’église, à travers l’imitation des vertus et la consolation des Cœurs unis de Jésus et de Marie.

L’Institut des Sffpp a été fondé par le Père Gilbert Dagnon, de vénérée mémoire. L’émission des premiers vœux temporaires a eu lieu le 31 mai 1995 en la fête de la Visitation. L’Institut compte aujourd’hui cent quinze (115) Sœurs de diverses nationalités : béninoise, togolaise, burkinabè, nigériane, ghanéenne, congolaise, qui exercent leurs différentes missions dans dix (10) diocèses sur douze au Bénin, au Gabon dans le diocèse de Libreville, en France dans le diocèse de Dijon, en Allemagne dans le diocèse de Münster, avec un total de 32 Fraternités dont 29 au Bénin et trois à l’étranger.

Les postulantes de nationalité majoritairement béninoise et une Burundaise sont au nombre de six (06) en formation ; et les novices de nationalité majoritairement béninoise et une Malienne sont au nombre de neuf (09), dont quatre en première année de noviciat et cinq en deuxième année de noviciat, soit au total 15 jeunes filles en formation. Les domaines d’apostolat sont la Santé, l’Éducation, l’Alphabétisation, les missions d’ordre socio-promotionnel comme les orphelinats et les Centres d’accueil et de protection d’enfant, l’Évangélisation, la Catéchèse, l’animation rurale, la pastorale, les maisons d’exercices spirituels.

 

Sous quel signe placez-vous votre mandat ?

Je voudrais placer ce mandat sous le signe de «la lampe et de l’huile». Le thème de notre 3e Chapitre général s’intitule : « Dans la joie, Sœurs Franciscaines Filles de Padre Pio, revenons à notre identité pour un héritage spirituel durable ». Dans les six années à venir, la résonnance nouvelle de ce thème sera la source et l’orientation de notre administration dans les différents domaines de la vie de l’Institut.

La lumière donne la joie, l’huile est le charisme qu’on ne laisse pas tarir, l’héritage est la transmission d’une lampe allumée ; mon vœu est qu’avec chacune et toutes mes Sœurs, nous puissions dire à chaque instant : « Seigneur, nous avons reçu une famille ; nous avons essayé de la servir. Nous avons reçu un charisme ; nous avons veillé sur lui. Nous avons reçu un héritage ; nous avons cherché à le transmettre. Nous avons reçu des Sœurs ; nous avons essayé de les aimer. Et nous avons reçu une mission ; nous avons voulu l’accomplir pour ta gloire ».

 

Quels sont les défis que vous entendez relever pour l’avancée de votre apostolat ?

Pour ce mandat, nous portons en nous les cinq défis suivants, pour l’avancement de notre Institut. Ce sont là cinq chemins que nous embrassons pour que nos jeunes Sœurs, dans 40 ans, puissent continuer à être fières d’avoir répondu à l’appel de Dieu dans notre Institut. Les défis identifiés sont :

• La révision de nos Constitutions : Le défi de la révision de notre Droit propre, et le défi de la mémoire de notre charisme. à partir des écrits du fondateur, nous voulons relire notre identité, lancer la révision de nos Constitutions pour que nos lois redeviennent l’habit qui taille bien à notre corps, et non un vêtement qui nous gêne.

• La formation de Sœurs enracinées : Nous voulons revoir le contenu du parcours de la formation de manière à ce qu’elle prenne en priorité l’identité de notre famille religieuse.

• La vie fraternelle : faire de nos Fraternités une oasis de paix : Nous voulons travailler à la régularité des moments communautaires de prière, de repas, la mise en commun effective des dons, la correction fraternelle dans la charité et l’objectivité.

• La gouvernance : Nous voulons travailler à une gouvernance participative et un leadership ecclésial.

• Une gestion des biens, au service de la mission : Une bonne gestion et la coresponsabilité économique sont capitales dans la survie de notre famille religieuse. Elles constituent un acte spirituel et libèrent pour la mission. Je souhaite que nous rentrions déjà dans le vécu de la pauvreté évangélique avec crédibilité. Rendre compte est un acte de confiance.

 

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