De forts engagements à consolider

Du retour de Nikki où il a pris part au lancement de la Gaani, le président Romuald Wadagni a effectué un footing à travers les rues de Parakou pour marquer sa proximité avec les populations. C'était le 26 aôut 2026
31 août 2026. Le président Romuald Wadagani a passé ses 100 premiers jours comme 5e président de la République du Bénin sous l’ère du Renouveau démocratique. Un début de mandat marqué par une volonté de juguler l’extrême pauvreté, d'accomplir des engagements et des actions. Tout ceci pourrait être consolidé par un instrument nouveau propre dans un environnement où le Br et l’Upr dominent le fonctionnement des partis politiques à l'échelle nationale.
31 août 2026. Le président Romuald Wadagani a passé ses 100 premiers jours comme 5e président de la République du Bénin sous l’ère du Renouveau démocratique. Un début de mandat marqué par une volonté de juguler l’extrême pauvreté, d'accomplir des engagements et des actions. Tout ceci pourrait être consolidé par un instrument nouveau propre dans un environnement où le Br et l’Upr dominent le fonctionnement des partis politiques à l'échelle nationale.
Par Alain SESSOU

Sur le chemin de retour à Cotonou, le président Wadagni fait un arrêt improvise pour faire quelques achats auprès des bonnes dames installées au bord de la voie
31 août 2026. Le président Romuald Wadagani a passé ses 100 premiers jours comme 5e président de la République du Bénin sous l’ère du Renouveau démocratique. Un début de mandat marqué par une volonté de juguler l’extrême pauvreté, d'accomplir des engagements et des actions. Tout ceci pourrait être consolidé par un instrument nouveau propre dans un environnement où le Br et l’Upr dominent le fonctionnement des partis politiques à l'échelle nationale.
Offensive diplomatique pour désamorcer les tensions croissantes qui marquaient jusque-là les relations entre le Bénin et certains pays voisins. Telle est l’une des actions phares du successeur de l’ancien président Patrice Talon quelques jours seulement après son investiture le 24 mai dernier. Successivement, Wadagni a effectué ses premières visites au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso et au Mali. Visites qu’il a étendues plus tard à la Côte d’Ivoire, au Sénégal, à la Guinée-Bissau et à la Mauritanie. Mais avant, on peut retenir d’autres gestes remarquables. Il y a par exemple la Loi des finances, principal instrument de développement de toute nation. Ainsi, le budget général de l’état exercice 2026 a été revu à la hausse. De 3.783,984 milliards de Fcfa, il a été porté à 4.148,357 milliards de Fcfa. Une augmentation qui visiblement indique que le nouveau président entend privilégier l’aide aux catégories sociales les plus vulnérables du Bénin. On peut citer la gratuité scolaire généralisée pour toutes les filles à compter de cette rentrée académique 2026-2027 dans les collèges et lycées publics.
Du coup, de la classe de 6e jusqu’en Terminale, toutes les filles sont exonérées des contributions scolaires. On peut aussi citer la mise à disposition d’une enveloppe de 1 milliard de Fcfa. Objectif : prendre en charge les urgences vitales dans les hôpitaux et centres de santé publics. On peut compléter la liste des engagements qui n’est pas exhaustive pour les 100 premiers jours du président Wadagni au Palais de la Marina. Une évidence : en si peu de temps, le chef de l’Etat a posé des actions impressionnantes. Et certains Béninois ont commencé par croire aux promesses des hommes politiques. Ainsi entend-on de plus en plus : « Cette fois-ci, au moins, on pense aux plus pauvres, aux prolétaires ». Cela dit, la situation appelle deux observations.
Les raisons d’un actif passionnant
La première, l’environnement est favorable au président Wadagni qui est ainsi en mesure de présenter un bilan d’espérance en 100 jours. Trois raisons pourraient justifier cet état de chose. La première, c’est la volonté et la détermination d’un président qui était aux affaires depuis plus de 10 ans et qui comprend le sens de la redistribution équitable des fruits de la croissance économique. Il était donc au cœur du pouvoir et a acquis la capacité de poser les meilleurs diagnostics. Ensuite, il y a la trêve politique de six ans, un facteur non négligeable qui balise la voie pour obtenir de meilleurs résultats. La troisième raison liée à la deuxième est que tous les partis politiques sont tenus d’accompagner le chef de l’état par des propositions constructives.
La deuxième observation, c’est que le chef de l’état a eu ce premier bilan sans assise politique réelle. Certes, sa candidature a été portée par les deux partis : l’Union progressiste le Renouveau (Upr) du Professeur Joseph Djogbénou, et le Bloc républicain (Br) d’Abdoulaye Bio Tchané.
Mais apparemment, le président Romuald Wadagni ne serait membre d’aucune de ces formations politiques. On perçoit donc mieux la raison d’être du fourmillement des mouvements politiques créés autour de sa personne à la veille de la présidentielle pour soutenir sa candidature. Depuis la tenue des élections, la proclamation des résultats et son investiture, ces mouvements sont vraisemblablement en hibernation.
Contrôle total
Pendant ce temps, l’Upr et le Br qui dominent l’échiquier politique national à travers le contrôle total des maires, des chefs d’arrondissement, des chefs de village et de quartier de ville, sans oublier la mainmise sur le Parlement, ne désarment pas. Leurs leaders sont sur le terrain pour galvaniser la troupe. Toutes les occasions sont saisies pour témoigner de la proximité avec les militants. La dernière occasion a été la Gaani où chaque responsable politique a tenté de montrer sa popularité. Dans ce contexte, le chef de l’état qui peut toujours compter sur son prédécesseur, a tout de même besoin d’ancrage politique personnel et concret. De ce point de vue, sa présence à la Gaani à Nikki ressemble à un test. Car il a effectué des visites à l’Université, à l’hôpital départemental de Parakou et à la garnison. Et il a fait son footing matinal du samedi 26 août dernier à travers les rues de Parakou, sous la clameur admirative des populations en serrant les mains à quelques citoyens. Cerise sur le gâteau, au retour de la Gaani, le président de la République a marqué un arrêt pour acheter quelques friandises auprès des bonnes dames installées au bord de la voie.
100 jours après son installation officielle à la Marina, tout, pour l’instant, montre que le président Romuald Wadagni a pris une bonne option. Mais il a besoin, quoi qu’on dise, de se faire sa propre assise politique. D’autant qu’à la fin de la trêve politique, soit à un an de la prochaine présidentielle, il n’y a aucune garantie, que l’harmonie actuelle perdure. Maintenant, par quel mécanisme le chef de l’état arrivera-t-il à imposer son propre charisme politique ? Bien malin qui pourra répondre avec certitude.




