Le cri des pauvres et le cri de la terre
Parmi les thèmes centraux de l’encyclique Laudato si’ (Pape François, 2015), figure en bonne place le cri des pauvres, étroitement lié au cri de la Terre, notre Maison commune. Le Pape François, de vénérée mémoire, rappelle que la crise climatique est la conséquence directe de la rupture de nos liens avec le Créateur, avec la création et entre nous-mêmes. Les signes de cette rupture avec le Créateur deviennent de plus en plus manifestes. Il suffit d’observer la place accordée au Créateur dans les grandes décisions : elle est quasi inexistante. Ce qui prime, c’est souvent le libertinage, la primauté des classes aristocratiques sur les classes défavorisées et vulnérables.
On tente de vider le Créateur du monde qu’Il a créé, en le réduisant à une idée abstraite ou inventive. Certains vont même jusqu’à se demander si Dieu existe vraiment. Pourtant, la réponse à cette question - s’il en est une aujourd’hui - se trouve dans la dégradation que nous constatons malgré les progrès de la médecine, les stratégies bancaires et financières qui, chaque année, conduisent à la des milliers d’entreprises et plongent des populations entières dans des formes de dépression meurtrière. L’homme sans le Créateur est un fleuve sans source.
La rupture avec la Création se manifeste par la dégradation massive de nos milieux de vie, au seul profit d’ambitions de développement effrénées. Des forêts sont détruites pour ériger de grands immeubles qui, souvent, deviennent des éléphants blancs. On oublie que nous avons bien plus besoin des arbres pour survivre sur Terre que de ces constructions qui n’apportent qu’un bénéfice économique éphémère. Le manque de nourriture et l’absence de soins de santé primaires pour les malades illustrent le gouffre qui sépare les classes sociales : entre pauvres et riches, entre l’Occident et le Tiers monde, entre ceux qui se considèrent « supérieurs » et les autres qui sont sans espoir d’un lendemain meilleur. Pour y remédier, nous devons revenir à la loi naturelle qui nous invite à éviter le mal et à toujours faire le bien.


