Indépendance : la promesse inachevée

Drapeau du Benin
Le 1er août 2026, à Cotonou et dans d’autres localités du Bénin, le défilé de la fête nationale a une fois encore rassemblé autorités, forces vives et populations autour du drapeau. Entre fierté et solennité, cette célébration a pourtant ravivé chez plus d’un une question essentielle : que faisons-nous réellement de notre indépendance ? Briser le joug du colonialisme constitue une victoire indéniable. Rendons hommage à Béhanzin, Bio Guéra, Toffa 1er, Louis Hounkanrin, Kwame Nkrumah et à Patrice Lumumba, pour ne citer que ceux-là. Ils ont payé un lourd tribut au rêve de la libération. Leur sueur et leur sang nous appellent à ne pas baisser les bras. Ne nous leurrons pas, la lutte est très loin d’être achevée. Sur le plan économique, en dehors de la question de la monnaie dans plusieurs pays, nos états demeurent très dépendants, soumis à différents diktats. Plus insidieuse est la dépendance mentale et culturelle. Nous consommons souvent ce qui vient d’ailleurs, tout en dévalorisant nos propres ressources, parce que nos modèles de réussite sont importés. Internet ne fait qu’aggraver la situation. à l’ère du numérique, une grande partie de nos données et donc de nos vies - photos, vidéos, informations, mémoires collectives - est stockée dans des centres situés en Europe ou en Amérique. Peut-on parler de véritable indépendance dans ces conditions ?
Ces constats ne doivent cependant pas nourrir le découragement, mais provoquer un sursaut. Ce qu’il nous faut, c’est croire davantage en nous-mêmes, puis nous mettre résolument au travail, en restant unis. Il incombe d’abord à chacun et à chacune de relever le défi à son niveau. Certes, la responsabilité des dirigeants demeure très grande. Comme nous l’avons vu dans un passé très récent, ils peuvent par leur ardeur et leur discipline personnelle imprimer un certain dynamisme au processus de développement de leurs pays respectifs. Mais il demeure tout aussi vrai que le séjour dans l’eau ne change pas le tronc d’arbre en crocodile. Seule une révolution à partir de la base pourra prospérer durablement. Alors, pour que la promesse des indépendances porte tous ses fruits, retroussons nos manches et poursuivons résolument en chœur le combat de la libération. Il nous faut aller plus loin, parce qu’il y a encore tant à faire !



