Entre douleur et espérance

Photo du feu frère Apollinaire
Le jeudi 20 août 2026, au sanctuaire marial Notre-Dame de la Divine Miséricorde d’Allada, Mgr Martin Adjou-Moumouni, évêque de N’Dali, a présidé la messe des obsèques du Père Apollinaire Marie Amoussou, précédemment gardien des Frères franciscains de l’Immaculée à Bembèrèkè. Dans une ambiance chargée d’émotions et de questionnements, l’illustre disparu a été inhumé dans l’enceinte de la clôture de Radio Immaculée Conception.
A peine le soleil s’était-il levé par ces temps nuageux et d'alizés, le 20 août 2026 à Allada, que l’Église a accueilli sur le parvis du sanctuaire Notre-Dame de la Divine Miséricorde, la dépouille mortelle du Frère Apollinaire Marie Amoussou. C’était à l’issue d’une longue procession rythmée par la litanie des saints chantée par les Franciscaines de l’Immaculée. Le rite d’accueil fut ensuite accompli. Mgr Martin Adjou-Moumouni et une cinquantaine de prêtres ont alors célébré la messe des obsèques du Frère Apollinaire, gardien et maître des novices des Frères franciscains de l’Immaculée à Bembèrèkè. Dans cette église, sur les visages qu’éclairaient faiblement les projecteurs du sanctuaire, la tristesse était visible. Le Frère, passé de vie à trépas, n’avait que 48 ans. Pour sa mère, ses frères et sœurs ainsi que pour sa famille religieuse, il s’agit d’une grande perte. « C’est une absence qui ne sera jamais comblée », déclare le prélat.
Dans son homélie, Mgr Adjou-Moumouni, désolé de n’avoir pas eu l’opportunité d’exprimer au défunt « tout le bien qu’il pensait de lui » et disposé à le porter dans ses célébrations, a d’abord rappelé quelques messages, empreints de considération et de douleur, suscités dans son diocèse par l’annonce du décès soudain du Frère Apollinaire. « C’est un des confrères les plus discrets, doux, disponibles, avec un grand sens d’écoute et de collaboration. Il avait délicatement demandé à rentrer d’Italie pour servir son pays et être un peu plus proche de sa maman malade ». Un autre message rapporté du forum diocésain par le prélat précise : « Il a tout récemment accepté, non sans peine, les charges de Supérieur de la communauté de Bembèrèkè et de vice-délégué pour l’Afrique de l’Institut. À juste 48 ans, nous perdons un bon jeune frère, en qui nous avions beaucoup d’espoir. Que Marie, Porte-du-ciel, accueille notre frère ! ».
"Pour nous, il sera difficile de le remplacer"
Évoquant ensuite la difficulté qu’il a eue à préparer cette homélie parce que « non seulement, par essence, la mort est un événement qui nous dépasse, mais aussi parce qu’elle est difficile à accepter dans les conditions où notre Frère Apollinaire nous a quittés », Mgr Adjou-Moumouni implore à répétition : « Dieu, viens à notre aide ! Seigneur à notre secours ! ». Puis il rassure et exhorte à la prière en utilisant les Paroles du Seigneur et celles de Job : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle ».
Pour la circonstance et parmi tant d’autres lettres de condoléances, celles de Mgr Clet Fèliho, évêque de Kandi, de Mgr Eugène Cyrille Houndékon, évêque d’Abomey, et de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, ont été lues. Dans son mot de remerciement, le Père Gilles Samson Amoussou, jeune frère du défunt, tout en exprimant sa gratitude aux clercs et aux laïcs venus d’Abomey, de N’Dali, de Lokossa, de Cotonou et de différentes communautés religieuses franciscaines et d’autres congrégations, a également invité à la prière. Face à l’autel et devant la dépouille mortelle, il a prononcé l’absoute pour son frère aîné, décédé le 6 août 2026, en la fête de la Transfiguration.
Dans les larmes mais aussi dans l’espérance de la résurrection, le défunt a été conduit dans l’enceinte de Radio Immaculée Conception, où il a été inhumé en présence de tous les fidèles. La veille, pendant la première messe-veillée qu’il a lui-même présidée, le Père Alphonso Marie Bruno, premier assistant du Supérieur général des Frères franciscains, venu dans le cadre de ces obsèques, a rappelé les souvenirs qu’il garde du Frère Apollinaire depuis son entrée dans l’Ordre religieux franciscain, jusqu’à sa nomination à Bembèrèkè en passant par son ordination en 2013 en Italie. « Pour nous, il sera difficile de le remplacer », a-t-il conclu.
Repères biographiques
12 septembre 1978 : Naissance d’Appolinaire Amoussou. Il prend le nom du religieux Apollinaire Marie de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus
8 septembre 2007 : Entrée chez les Franciscains de l’Immaculée et première profession religieuse après des études de sociologie à l’Université d’Abomey-Calavi
août 2011 : Profession perpétuelle
29 juin 2013 : Ordination en l’église Saint François de Tarquinia par Mgr Luigi Marrucci, évêque de Civitavecchia-Tarquinia
Missions principales : Aumônier d’hôpital à Tarquinia en Italie, puis mission au sanctuaire marial de Bembèrèkè et Directeur du Foyer Saint Maximilien Kolbe à Bembèrèkè
6 août 2026 : Décès alors qu’il était le Supérieur de la communauté de Bembèrèkè et vice-délégué pour l’Afrique des Frères franciscains de l’Immaculée.
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