À quand l’éveil des consciences ?
Nous sommes convaincus que les lois sont votées et que, chaque année, des colloques et rencontres internationaux se tiennent un peu partout dans le monde pour nous inviter à écouter le cri de la Terre. Pourtant, force est de constater que la production de sachets plastiques et d’autres emballages similaires se poursuit sans relâche. Dans les pays en voie de développement et dans les zones à risques, les populations continuent d’utiliser massivement ces sachets pour emballer et transporter des denrées, en particulier alimentaires.
Ces populations ne disposent pas de technologies alternatives pour gérer efficacement leurs ordures, notamment les sachets plastiques qui envahissent les rues, les caniveaux et les aires de jeux des enfants comme des personnes âgées.
Il est vrai qu’en théorie, il suffirait que les consommateurs refusent d’acheter un produit pour que les producteurs cessent sa fabrication, au risque de faire faillite. Mais dans les milieux défavorisés et les zones vulnérables, la question des sachets plastiques ne se réduit pas à un simple choix individuel des pauvres. Non, car dans la misère, le sachet plastique représente une véritable aubaine : il est bon marché, facile à trouver sur le marché, souvent très résistant pour transporter des charges lourdes et peu encombrant. Une fois utilisé, il peut être jeté n’importe où, et le vent s’occupe du reste.
Ne pratiquons pas la politique de l’autruche : soyons lucides et disons la vérité. Les personnes en situation de grande vulnérabilité ne peuvent ni lutter contre les grands producteurs de sachets plastiques, ni contre les vendeurs et vendeuses qui en font un usage systématique pour leurs produits. Ce sont d’abord les autorités politiques - législatives et exécutives - qui doivent agir avec la plus grande fermeté : interdire la production, l’importation et la commercialisation des sachets plastiques dans nos pays. Ce sont elles qui dialoguent avec les producteurs et les commerçants ; elles connaissent la réalité de la vulnérabilité de leurs concitoyens et savent à quel point le taux de mortalité infantile augmente dans ces milieux, en raison notamment des sachets qui appauvrissent les sols et deviennent des foyers de reproduction pour les moustiques. C'est triste à dire mais il semble que ces autorités ont totalement démissionné.


