Le cimetière
Où enterrez-vous vos défunts ? Au cimetière certainement ! Le mot vient du latin coemetrium, lui-même issu du grec koimêtêrion, «lieu où l’on dort ». Belle expression, n’est-ce pas ? La parole du Christ demandant de laisser « les morts enterrer les morts » (Mt 8, 22) n’est certainement pas une invitation à développer un grand culte des morts. Cependant, et de tout temps, l’église a attaché une grande importance à montrer son respect pour les corps qui, à ses yeux, sont le temple de l’Esprit Saint (1Co 6, 15).
Sans être crispée sur cette attitude, l’église a toujours préféré que le corps soit mis en terre, s’inspirant, en cela, du symbolisme du grain de blé tombé en terre, repris par Saint Paul : « Ainsi en va-t-il de la résurrection des morts : semé corruptible, le corps ressuscite incorruptible ; semé méprisable, il ressuscite éclatant de gloire » (1 Co 15, 42-44).
Le cimetière est donc le lieu d’une attente fraternelle de la résurrection ; le cimetière chrétien se veut digne mais sans vanité ni luxe, ni relents de paganisme (Canon 1211). Il doit être clos, dominé par une croix et béni par l’évêque. Les chrétiens acceptent d’être enterrés dans d’autres cimetières que les leurs, à condition que rien n’y soit incompatible avec leur foi et leur espérance. Dans ce dernier cas, il a longtemps été d’usage de bénir chaque tombe chrétienne.




